Depuis décembre, un vaste déploiement de forces à Minneapolis, bastion démocrate, a engendré un mouvement citoyen pour contrer les actions anti-immigration. Alex Pretti et Renee Good, victimes d’agents fédéraux, étaient impliqués dans ce mouvement.
Le bruit des sifflets, des klaxons et des cris résonne dans les rues de Minneapolis, où des manifestants alertent sur la présence de l’ICE, la police anti-immigration américaine. Cette opération d’arrestations massives menée par 3 000 membres de l’ICE et de la CBP a transformé la ville et sa voisine, Saint Paul, en foyer de résistance contre la politique de Trump.
Alors que l’opération Metro Surge vise à arrêter les immigrants en situation irrégulière, des estimations montrent que le taux d’immigration illégale dans les Twin Cities est inférieur à la moyenne nationale. Des experts soulignent des motivations politiques derrière ces actions, visant les villes démocrates pour réprimer toute opposition.
Le maire de Minneapolis a dénoncé ces actions comme des représailles politiques plutôt que des mesures de sécurité. La communauté locale s’est mobilisée pour documenter les actions de l’ICE et protéger les immigrés contre cette politique anti-immigration. Des groupes de citoyens se sont formés pour identifier les véhicules de l’ICE, rassemblant des milliers d’Américains. Ils repèrent des «signes» tels que des vitres teintées derrière lesquelles se trouvent souvent des hommes en habits militaires, explique l’une des observatrices à CNN.
Lorsqu’une voiture suspecte est repérée, sa position est partagée sur la messagerie Signal pour que d’autres observateurs puissent intervenir. Inspirée par la mobilisation contre l’ICE à Chicago et Los Angeles, la méthode consiste à alerter le voisinage, filmer les agents de l’ICE avec un téléphone portable, et leur demander de quitter le Minnesota.
Les méthodes agressives des agents fédéraux ont semé la peur et la colère dans les rues de Minneapolis. En trois semaines, ils ont arrêté un enfant de 5 ans, tiré sur un Vénézuélien en situation irrégulière et abattu deux militants qui observaient leurs actions, Renee Good et Alex Pretti.
Les décès de ces deux Américains ont suscité une grande indignation, d’autant plus que l’administration Trump les a rapidement blâmés. Les vidéos filmées par les observateurs des incidents contredisent la version de légitime défense avancée par le gouvernement.
La colère contre l’ICE a conduit des milliers de résidents à manifester dans les rues de Minneapolis. Le mouvement anti-ICE s’est renforcé malgré les conditions météorologiques extrêmes, démontrant une détermination sans équivoque.
La ville de Minneapolis, habituée aux mobilisations civiques, a une longue histoire de résistance. La mort de George Floyd en 2020 a renforcé la structure du mouvement de protestation et a incité la police locale à encadrer les manifestations pour assurer la sécurité et la paix.
La confrontation entre le Minnesota et l’administration Trump, que ce soit sur le plan politique ou dans les rues, est difficile à désamorcer. La contestation, initialement portée par l’aile gauche des démocrates, attire de plus en plus de personnes se considérant comme centristes, conscientes que tout le monde peut être visé, pas seulement les immigrants clandestins. Les personnes qui «se pensaient à l’abri parce qu’elles sont citoyens américains» réalisent que les opérations de l’ICE peuvent également toucher «les opposants politiques», selon ses dires.
En réponse à la mobilisation croissante, Donald Trump a ouvert la voie à une «petite désescalade». Tom Homan, conseiller à l’immigration, a assuré jeudi que les responsables de la mort d’Alex Pretti seraient «sanctionnés» et que les effectifs déployés à Minneapolis seraient «bientôt» réduits. «Nous allons nous assurer de mener des opérations de contrôle ciblées et je le répète : nous ne renonçons en aucun cas à notre mission», a-t-il souligné. Donald Trump ne compte donc pas mettre fin aux arrestations massives d’immigrés.
Cible d’une vaste opération lancée depuis décembre par Washington, ce bastion démocrate a vu naître un mouvement de citoyens qui s’organisent pour enrayer les actions visant les immigrés. Alex Pretti et Renee Good, tués par des agents fédéraux, en faisaient partie.
Le bruit strident des sifflets, bientôt accompagné de klaxons et de cris : «Ne sortez pas ! Ils arrivent !» Ces avertissements sont devenus banals dans les rues de Minneapolis que, jour après jour, des manifestants arpentent pour alerter la population de la présence de l’ICE, la police anti-immigration américaine. Ces agents fédéraux participent depuis décembre à une opération d’arrestations massives dans la plus grande ville du Minnesota et son agglomération. Tom Homan, le «tsar des frontières» de Donald Trump, y a présenté un plan pour apaiser les tensions, jeudi 29 janvier.
En à peine deux mois, le déploiement de 3 000 membres de l’ICE et de la police aux frontières (CBP, pour Customs and Border Protection) a en effet transformé Minneapolis et sa voisine, Saint Paul, en épicentre de la contestation contre la politique anti-immigration de Donald Trump. «Les ‘Twin Cities’ ne sont pas la première cible de l’administration», rappelle Hans Noel, professeur de sciences politiques à l’université Georgetown. Mais ces «villes jumelles» de la région du Midwest sont celles où la présidence a lancé sa «plus grande opération» contre les immigrés en situation irrégulière. Et, surtout, celles où la résistance à l’ICE est devenue la plus visible.
Officiellement, l’opération baptisée Metro Surge vise à identifier et arrêter les étrangers présents illégalement dans cette zone urbaine de 3 millions d’habitants. «On se concentre sur Minneapolis parce qu’elle a la plus forte concentration de gens ayant violé nos lois sur l’immigration», a ainsi justifié le vice-président J.D. Vance, le 22 janvier. En réalité, le taux d’immigrés en situation irrégulière dans les Twin Cities est inférieur à la moyenne nationale, selon plusieurs estimations citées par le média PolitiFact.
«D’autres Etats, notamment républicains, sont moins visés par l’administration alors qu’ils ont une communauté d’immigrés plus importante», pointe Manon Lefebvre, maîtresse de conférences en civilisation américaine à l’université Polytechnique Hauts-de-France. Minneapolis compte, en revanche, une importante diaspora somalienne, une des principales cibles des attaques xénophobes de Donald Trump. Si l’immense majorité des membres de cette communauté ont la nationalité américaine, le président les considère comme des «déchets» venus d’un «pays de merde» et les accuse, sans preuve, d’être au cœur de plusieurs affaires de fraudes dans le Minnesota, rappelle Al-Jazeera.
Experts et élus locaux voient surtout des motivations politiques derrière cette opération. «Comme à Washington, Los Angeles ou Chicago», où Donald Trump a déployé l’ICE ou la garde nationale ces derniers mois, «Minneapolis est une ville démocrate, avec une tradition d’opposition à l’administration», remarque Hans Noel. La métropole se situe dans l’État du gouverneur Tim Walz, ancien colistier de Kamala Harris pour la présidentielle, et d’Ilhan Omar, élue démocrate à la Chambre des représentants d’origine somalienne et critique virulente de Donald Trump, souligne Manon Lefebvre.
«L’administration utilise l’immigration comme prétexte, mais, en réalité, cela fait six mois qu’elle cible les grandes villes démocrates pour en faire des exemples et étouffer toute contestation politique», a déclaré Manon Lefebvre, maîtresse de conférences en civilisation américaine, à franceinfo.
Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a dénoncé que la traque des sans-papiers par l’ICE «n’a rien à voir avec la sécurité ni (…) avec l’immigration». Il a souligné qu’il s’agit de représailles politiques et que cela devrait inquiéter tout le monde en Amérique, promettant de ne pas appliquer les lois fédérales sur l’immigration.
La population de Minneapolis s’est mobilisée pour documenter les actions de l’ICE et protéger la communauté immigrée depuis le lancement de l’opération Metro Surge. Des patrouilles citoyennes se sont formées pour identifier les véhicules de l’ICE et alerter le voisinage en cas de présence d’agents fédéraux.
Les méthodes agressives des agents de l’ICE ont semé la peur et la colère dans les rues de Minneapolis, provoquant des manifestations et des affrontements. La mort de deux militants observateurs des actions de l’ICE, Renee Good et Alex Pretti, a suscité une vague d’indignation dans la ville, remettant en question les actions de l’administration Trump. Minneapolis was the starting point of the second wave of the Black Lives Matter movement in 2020, following the death of George Floyd. According to Hans Noel, the shock caused by the death of this African-American man during his arrest by the Minneapolis police is one of the explanations for the city’s resistance against ICE. The researcher decrypts, «The network of protesters that mobilized in 2020 was already structured.» He continues, «The local police also learned from this experience and put in place a plan to oversee the protests, ensuring they were safe and peaceful.» Unlike the local police, the ICE, which is under the federal government, «does not have the same approach.»
«When altercations with protesters turned violent, local authorities were ready to resist against federal forces,» states political scientist Hans Noel in an interview with franceinfo.
The confrontation between Minnesota and the Trump administration, whether at a political level or on the streets, is complex to defuse. The movement began on the left wing of the Democrats, but as Manon Lefebvre analyzes, «more and more people considering themselves as centrists are joining the movement because they understand that anyone can be targeted, not just undocumented immigrants.» Those who «thought they were safe because they are American citizens» are realizing that ICE operations can also affect «political opponents.»
In the face of the growing mobilization, Donald Trump has initiated a «small de-escalation.» His immigration advisor, Tom Homan, promised that those responsible for the death of Alex Pretti would be «sanctioned» and that the personnel deployed in Minneapolis would be «soon» reduced. Tom Homan emphasized, «We will ensure targeted control operations, and I repeat: we will not give up on our mission.» Therefore, Donald Trump is not willing to halt massive immigrant arrests.
Targeted by a vast operation launched by Washington since December, this Democratic stronghold has seen a movement of citizens organizing to counter actions targeting immigrants. Victims of federal agents, Alex Pretti and Renee Good, were part of this resistance.
The deafening sound of whistles, soon accompanied by honks and cries of «Stay inside! They’re coming!» These warnings have become common in the streets of Minneapolis, where protesters walk daily to alert the population of the presence of ICE, the US immigration police. Since December, these federal agents have been participating in a massive arrest operation in the largest city in Minnesota and its metropolitan area. On January 29, Tom Homan, Donald Trump’s «border tsar,» presented a plan to ease tensions.
In just two months, the deployment of 3,000 members of ICE and Customs and Border Protection (CBP) has turned Minneapolis and its neighbor, Saint Paul, into the epicenter of the protest against Donald Trump’s anti-immigration policy. According to Hans Noel, a political science professor at Georgetown University, these «twin cities» in the Midwest are not the administration’s first target. However, they are where the presidency launched its «largest operation» against undocumented immigrants. Moreover, these are where resistance to ICE has become most visible.
Officially, the operation named Metro Surge aims to identify and arrest foreigners illegally present in this urban area of 3 million inhabitants. «We focus on Minneapolis because it has the highest concentration of people who have violated our immigration laws,» justified Vice President J.D. Vance on January 22. In reality, the rate of undocumented immigrants in the Twin Cities is lower than the national average, according to several estimates cited by PolitiFact. Image description: Agents fédéraux arrêtent une conductrice lors d’une opération de l’ICE à Minneapolis, dans le Minnesota (États-Unis), le 28 janvier 2026. La photo est créditée à STEPHEN MATUREN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.
Manon Lefebvre, maîtresse de conférences en civilisation américaine à l’université Polytechnique Hauts-de-France, souligne que d’autres États, notamment républicains, sont moins visés par l’administration malgré une communauté d’immigrés plus importante. Minneapolis, en revanche, abrite une importante diaspora somalienne, cible des attaques xénophobes de Donald Trump. Des experts et élus locaux voient des motivations politiques derrière cette opération, notant que Minneapolis est une ville démocrate, traditionnellement opposée à l’administration.
Manon Lefebvre déclare que l’administration utilise l’immigration comme prétexte pour cibler les villes démocrates et étouffer toute contestation politique. Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, dénonce la traque des sans-papiers par l’ICE comme des représailles politiques. La population s’organise pour documenter les actions de l’ICE et protéger la communauté immigrée, formant des patrouilles citoyennes pour identifier les véhicules de l’ICE. Ces actions s’inspirent des mobilisations à Chicago et Los Angeles, visant à alerter le voisinage, filmer les agents de l’ICE et leur demander de quitter le Minnesota. En trois semaines, un enfant de 5 ans a été arrêté pour tenter de contraindre sa mère à sortir de chez elle, un Vénézuélien en situation irrégulière a été blessé par balle à la jambe, et deux militants qui observaient leurs actions, Renee Good et Alex Pretti, ont été abattus.
Les décès de ces deux Américains de 37 ans ont suscité l’indignation, d’autant plus que l’administration Trump les a rapidement blâmés en les qualifiant respectivement de «terroriste» et «assassin». Les vidéos filmées par les observateurs contredisent la version de légitime défense avancée par le gouvernement pour justifier les tirs. Cette situation a poussé des milliers de personnes dans les rues de Minneapolis pour manifester contre l’ICE.
La ville de Minneapolis, habituée aux mobilisations civiques, résiste contre l’ICE en partie à cause du choc provoqué par la mort de George Floyd en 2020. La confrontation entre le Minnesota et l’administration Trump est complexe à désamorcer, mais une petite désescalade a été promise par le conseiller à l’immigration de Trump. Cependant, les opérations de contrôle ciblées ne seront pas abandonnées malgré la pression croissante de la mobilisation.
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