Ce lundi 26 janvier, l’avocat de la famille Me Yassine Bouzrou a annoncé à l’AFP le dépôt d’une nouvelle plainte, pour «destruction de preuves», dénonçant l’absence d’images provenant des caméras piétons des policiers intervenus.
Le parquet avait indiqué que ces caméras, que doivent porter sur eux les policiers, «n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier«, sans plus de précision sur les fonctions de cet officier. «Une explication techniquement impossible et suspecte«, rétorque l’avocat de la famille de la victime.
Il relève que les batteries de ces caméras piétons sont «censées fonctionner 12 heures«, et qu’elles ne sont allumées qu’en cas d’interpellation, et non en continu. Il souligne par ailleurs dans sa plainte que «des témoins ont indiqué avoir vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation«.
Me Yassine Bouzrou exige qu’une enquête fasse la lumière sur le non-fonctionnement des caméras piétons : les constatations ont-elles été faites au commissariat de Paris-centre, ou à l’IGPN ? Ou s’agit-il «de simples éléments déclaratifs non vérifiés des policiers interpellateurs et/ou de leurs collègues» ?
Craignant que «la vérité soit étouffée«, la famille soupçonne que des images de son interpellation violente aient été détruites ou dissimulées et réclame le dépaysement de l’enquête sur son décès.
Dans son communiqué, la famille dénonce «également l’opacité persistante de la procureure» de Paris Laure Beccuau ainsi que de la juge d’instruction chargée de l’enquête, «qui refusent de donner les vidéos et les conclusions de l’autopsie«.
Ce Mauritanien de 35 ans est décédé dans la nuit du 15 au 16 janvier durant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement de Paris, après avoir été interpellé au pied de son foyer de travailleurs.
La famille d’El Hacen Diarra dénonce des violences policières. Dans une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing en direction de l’homme qui se trouve au sol.
Le 19 janvier dernier, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour «violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique» cinq jours après les faits, et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.
Plusieurs hommages publics ont eu lieu depuis que les faits sont survenus. Ce dimanche, près de 500 personnes ont convergé vers le foyer de travailleurs où résidait El Hacen Diarra lors d’une marche blanche.
La famille a soulevé le manque d’images provenant des caméras-piéton des policiers lors de l’intervention, ce qui a conduit à une nouvelle plainte pour «destruction de preuves» déposée par l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou. La famille déplore particulièrement l’absence d’images provenant des caméras-piéton des policiers lors de l’intervention.
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