«Le trafic est perturbé sur toute la ligne en raison d’un bagage oublié». Rares sont les semaines sans que les usagers ne lisent cette phrase sur les panneaux d’affichage du métro. En moyenne, sept alertes de ce type sont décomptées chaque jour sur le réseau francilien.
Mais à partir du 1er janvier, la RATP allège la procédure pour limiter ces blocages. Une «aberration» pour le secrétaire de la section TRACTION FO-RATP, Fabien Berthier, qui dénonce «une atteinte à la sécurité alors que le plan Vigipirate est à son alerte maximale» depuis juillet 2025.
Pour l’heure, lorsqu’un bagage est abandonné, la rame est entièrement évacuée avant d’être maintenue à quai. Le trafic reste ensuite interrompu jusqu’à l’intervention des démineurs. Selon la RATP, les perturbations engendrées par ces incidents provoquent des mouvements de foule et des rames surchargées.
Désormais, sauf si l’objet présente clairement un caractère dangereux — s’il contient une bouteille de gaz, que des fils électriques sont apparents ou qu’il s’accompagne d’un message menaçant — le train pourra être déplacé vers une voie de garage, de façon à ne pas bloquer la circulation en attendant les spécialistes. Si l’objet est trouvé sur un quai, les trains seront autorisés à traverser la station sans y marquer l’arrêt.
Avec ces nouvelles dispositions, «99,9 % des objets abandonnés ne seront plus considérés comme dangereux», alerte le syndicat FO qui rappelle que «pourtant le métro est toujours indiqué comme étant un site particulièrement surveillé sur le site du ministère de l’Intérieur».
Une position que tient également le représentant CGT Amhed Berrahal pour qui «on ne peut pas prendre ce risque, car on ne sait jamais ce qui peut se passer». Pour l’élu à la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), ce sont les «agents et les usagers qui se retrouvent en première ligne».
Les deux syndicats appellent la direction de la RATP et le ministère de l’Intérieur à revenir immédiatement sur cette note.
Du côté de l’association Plus de trains, cette évolution est jugée comme étant la «plus pragmatique» et permet «d’éviter les suraccidents» souvent liés aux malaises voyageurs et aux trains surchargés. Deux problématiques accentuées par les retards.
Pour son président, Arnaud Bertrand, «les secours et la police ne rigolent pas avec ce genre de règles de sécurité». Raison pour laquelle, il estime qu’il «n’y a pas de prise de risque supplémentaire si la préfecture a validé la procédure».
La RATP confirme que cette nouvelle organisation entrera bien en vigueur le 1er janvier et assure que la sécurité des usagers et des agents reste «sa priorité absolue».















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