Pourquoi deux hommes ont été condamnés à 20 ans de prison à Stains en Seine-Saint-Denis ?

Les faits se sont déroulés en juin 2019 à Stains en Seine-Saint-Denis. Trois autres hommes jugés ont été acquittés par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis.

La Quotidienne Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter «La Quotidienne Société». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Six ans après les rafales de Kalachnikov mortelles à Stains, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi deux hommes à 20 ans de réclusion pour meurtres en bande organisée mais elle en a acquitté trois. Les avocates générales avaient demandé bien plus: les condamnations de cinq accusés à 20 à 30 ans de réclusion et l’acquittement d’un seul.

Au terme de huit heures de délibérations et d’un procès de plus de trois semaines à Bobigny, le verdict a été accueilli par des cris, menaces et insultes envers la cour, les avocates générales, des avocats. Dans la salle bondée, truffée de policiers armés, ont fusé des «bâtards» et des «vous n’avez pas de face«.

Tous les accusés contestaient avoir joué le moindre rôle dans les faits survenus vers minuit le 16 juillet 2019, quartier du Clos Saint-Lazare à Stains, quand un assaillant à l’arrière d’un scooter avait «rafalé» les occupants d’une Twingo.

Bakari T., 27 ans était allé s’écrouler, mort, dans le hall de son immeuble. Son frère, Dembo, 24 ans, avait été blessé au mollet. Leur ami Soriba M., 26 ans, était décédé.

Plusieurs des accusés avaient déjà été condamnés pour trafic de stupéfiants mais pas Souleymane Care, au casier quasiment vierge, présenté par l’accusation comme le probable tireur.

Selon le réquisitoire, il aurait voulu se venger des deux frères T. – à la suite d’une «bagarre transformée en humiliation publique car filmée puis diffusée«. Puis, avec Moussa Baradji, il aurait aussitôt fêté en boîte de nuit «l’humiliation lavée«.

Dans ses derniers mots à la cour, ce Français de parents mauritaniens avait dit faiblement: «On m’a demandé 30 ans (de prison requis). J’ai 30 ans…» Avant d’affirmer: «je ne suis pas un tueur, je n’ai jamais touché une arme«.

Ses avocats avaient plaidé que la nuit du crime, cet homme – qui disait vivre alors de «la revente au noir de véhicules» – passait une soirée «classique» pour lui, mangeant un kebab à Saint-Denis avant de finir en discothèque à Paris.

Me Yann Le Bras avait jugé «complètement barjot» de lui attribuer le rôle du tireur sur scooter, invoquant la photographie du kebab envoyée de son téléphone dans une Mercedes, peu avant l’heure des meurtres.

Cette enquête est «comme un arbre qui a commencé à pousser de travers«, avait lancé Me Anouck Michelin, fustigeant les «askip» («à ce qu’il paraît«) du dossier.

Moussa Baradji avait, lui, été reconnu, dans un premier temps, par ses proches sur des images de vidéosurveillance comme le conducteur d’une Mini Cooper – ayant en fait servi à exfiltrer les tueurs – et mis en cause anonymement.

Le travail de la brigade criminelle sur la téléphonie et la vidéosurveillance avaient notamment permis d’identifier les voitures utilisées pour exfiltrer les auteurs, dont la Mini Cooper pleine de traces ADN et géolocalisable.

Mais de nombreux avocats ont fustigé «des poussettes«, consistant à «pousser quelqu’un sous les roues de la procédure pour l’impliquer» anonymement en début d’investigations.

La cour a prononcé trois acquittements, dont celui de Mamadou D.

Le parquet général avait conclu que sa culpabilité ne pouvait être établie faute de confrontation avec le témoin anonyme qui l’avait accusé d’avoir remis l’arme, mais qui n’a pu être localisé au moment du procès.

Dans la salle bondée, truffée de policiers armés, ont fusé des «bâtards» et des «vous n’avez pas de face«.

Tous les accusés contestaient avoir joué le moindre rôle dans les faits survenus vers minuit le 16 juillet 2019, quartier du Clos Saint-Lazare à Stains, quand un assaillant à l’arrière d’un scooter avait «rafalé» les occupants d’une Twingo.

Bakari T., 27 ans était allé s’écrouler, mort, dans le hall de son immeuble. Son frère, Dembo, 24 ans, avait été blessé au mollet. Leur ami Soriba M., 26 ans, était décédé.

Plusieurs des accusés avaient déjà été condamnés pour trafic de stupéfiants mais pas Souleymane Care, au casier quasiment vierge, présenté par l’accusation comme le probable tireur.

Selon le réquisitoire, il aurait voulu se venger des deux frères T. – à la suite d’une «bagarre transformée en humiliation publique car filmée puis diffusée«. Puis, avec Moussa Baradji, il aurait aussitôt fêté en boîte de nuit «l’humiliation lavée«.

Dans ses derniers mots à la cour, ce Français de parents mauritaniens avait dit faiblement: «On m’a demandé 30 ans (de prison requis). J’ai 30 ans…» Avant d’affirmer: «je ne suis pas un tueur, je n’ai jamais touché une arme«.

Ses avocats avaient plaidé que la nuit du crime, cet homme – qui disait vivre alors de «la revente au noir de véhicules» – passait une soirée «classique» pour lui, mangeant un kebab à Saint-Denis avant de finir en discothèque à Paris.

Me Yann Le Bras avait jugé «complètement barjot» de lui attribuer le rôle du tireur sur scooter, invoquant la photographie du kebab envoyée de son téléphone dans une Mercedes, peu avant l’heure des meurtres.

Cette enquête est «comme un arbre qui a commencé à pousser de travers«, avait lancé Me Anouck Michelin, fustigeant les «askip» («à ce qu’il paraît«) du dossier.

Moussa Baradji avait, lui, été reconnu, dans un premier temps, par ses proches sur des images de vidéosurveillance comme le conducteur d’une Mini Cooper – ayant en fait servi à exfiltrer les tueurs – et mis en cause anonymement.

Le travail de la brigade criminelle sur la téléphonie et la vidéosurveillance avait notamment permis d’identifier les voitures utilisées pour exfiltrer les auteurs, dont la Mini Cooper pleine de traces ADN et géolocalisable.

Mais de nombreux avocats ont fustigé «des poussettes«, consistant à «pousser quelqu’un sous les roues de la procédure pour l’impliquer» anonymement en début d’investigations.

La cour a prononcé trois acquittements, dont celui de Mamadou D.

Le parquet général avait conclu que sa culpabilité ne pouvait être établie faute de confrontation avec le témoin anonyme qui l’avait accusé d’avoir remis l’arme, mais qui n’a pu être localisé au moment du procès.

La salle était remplie de policiers armés, des insultes comme «bâtards» et «vous n’avez pas de face» fusaient. Tous les accusés ont nié avoir joué un rôle dans l’attaque qui a eu lieu le 16 juillet 2019 à Stains, où un assaillant sur un scooter a ouvert le feu sur les occupants d’une Twingo. Bakari T., 27 ans, est mort dans le hall de son immeuble, son frère Dembo, 24 ans, a été blessé, et leur ami Soriba M., 26 ans, est décédé. Certains accusés avaient des antécédents de trafic de drogue, mais pas Souleymane Care, qui était présenté comme le tireur présumé. Il aurait voulu se venger des frères T. après une bagarre humiliante diffusée publiquement. Ses avocats ont plaidé son innocence, affirmant qu’il ne possédait pas d’arme et qu’il menait une vie normale. La cour a prononcé trois acquittements, dont celui de Mamadou D., faute de preuves suffisantes.

SOURCE

Deja una respuesta

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *