Ce lundi, les noms de 72 femmes «savantes» qui devraient être prochainement inscrits sur la tour Eiffel ont été dévoilés.
Les noms des 72 savantes dont les noms devraient être prochainement inscrits sur la tour Eiffel viendront s’ajouter à ceux des «Savants de la tour Eiffel» qui honorent 72 scientifiques et ingénieurs masculins dont le nom est inscrit au premier étage.
Un hommage pour remédier à «l’effet Matilda«, à savoir «la minimisation systématique de l’apport des femmes à la recherche scientifique«. C’est le constat qu’a fait la commission de sélection des 72 noms présidée par l’astrophysicienne Isabelle Vauglin, vice-présidente de l’association Femmes & Sciences, et le président de la société d’exploitation de la tour Eiffel (Sete) Jean-François Martins.
Grande chimiste, mathématicienne hors pair, astronome pionnière ou géologue aux découvertes fondamentales, voici le portrait et le parcours de quatre de ces grandes femmes de savoir qui auront bientôt leur place sur le monument le plus visité au monde.
Edmée Chandon : Née à Paris 1885, elle est la première astronome professionnelle française. Pendant la Première Guerre mondiale, elle est mobilisée pour calculer les trajectoires des projectiles d’artillerie. Elle est également la première Française à soutenir une thèse d’Etat en mathématiques en 1930. Elle réalise toute sa carrière d’astronome au sein de l’Observatoire de Paris de 1911 à 1941. À Paris, un square porte son nom depuis 2021. Il se situe dans le 11ème arrondissement dans lequel elle est née. Elle décède dans la capitale en 1944.
Henriette Delamarre : Cette paléontologue et géologue est née à Paris en 1854. En tant que géologue, elle est spécialiste des faluns. Comprenez, des roches sédimentaires détritiques contenant des fossiles. Durant sa carrière scientifique, elle travaille en étroite collaboration avec les chercheurs du Museum National d’Histoire Naturelle. En parallèle de son activité de chercheuse, elle mène plusieurs combats humanitaires et sociaux. Elle participe notamment à la fondation de la Société française de Secours aux blessés de guerre en 1894. Elle est également militante féministe et s’engage auprès du Congrès national des droits civils et du suffrage des femmes et au Conseil national des femmes françaises où elle s’engage notamment pour le droit de vote des femmes. Aujourd’hui, deux espèces d’oursins dont elle avait recueilli des spécimens étudiés portent son nom.
Irene Joliot-Curie : Chimiste reconnue née en 1897 à Paris, Irène Joliot-Curie obtient le prix Nobel de chimie en 1935 pour ses travaux sur la radioactivité artificielle avec son époux, Frédéric Joliot-Curie. Fille de Pierre et Marie Curie, elle est l’une des trois premières femmes à intégrer un gouvernement en devenant sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique sous le Front populaire en 1936. Elle est aussi connue pour son militantisme pour les droits des femmes et l’égalité professionnelle avec les hommes et les femmes ainsi que son engagement dans le mouvement antifasciste.
Sophie Germain : Mathématicienne autodidacte née en 1776 à Paris, elle débute sa carrière sous le nom d’Antoine Le Blanc pour se faire sa place dans un milieu majoritairement masculin. Elle apprend elle-même les mathématiques, le latin, et le grec pour pouvoir lire les ouvrages scientifiques. En 1815, Sophie Germain devient la première femme à obtenir un prix de l’Académie des sciences pour son mémoire sur les surfaces élastiques. Elle influence les recherches sur la résistance des matériaux notamment durant la construction de la tour Eiffel, à la fin du 19e siècle. Cependant, l’absence de reconnaissance pour ces travaux lui vaudra le nom «d’oubliée de la Tour Eiffel«.
Les noms des 72 savantes doivent encore être validés par l’Académie des Sciences
Écrit avec Clarisse Montlouis-Félicité
Les astronomes, géologues ou chimistes mathématiciennes souvent oubliées seront bientôt célébrées sur le célèbre monument parisien, la tour Eiffel. Les noms des 72 savantes, choisies pour être inscrits sur la tour, viendront compléter ceux des «Savants de la tour Eiffel», qui honorent 72 scientifiques et ingénieurs masculins. Cet hommage vise à remédier à «l’effet Matilda», qui consiste en la minimisation systématique de l’apport des femmes à la recherche scientifique.
La commission de sélection des 72 noms, présidée par l’astrophysicienne Isabelle Vauglin et le président de la société d’exploitation de la tour Eiffel, Jean-François Martins, a choisi des femmes remarquables pour cette reconnaissance. Parmi elles, des figures telles qu’Edmée Chandon, Henriette Delamarre, Irène Joliot-Curie et Sophie Germain seront honorées.
Edmée Chandon, première astronome professionnelle française, a contribué à la recherche en mathématiques et à l’astronomie. Henriette Delamarre, paléontologue et géologue engagée dans des causes humanitaires et féministes, a laissé son empreinte dans le domaine des roches sédimentaires. Irène Joliot-Curie, chimiste réputée et militante pour l’égalité des sexes, a été récompensée par un prix Nobel pour ses travaux sur la radioactivité artificielle. Sophie Germain, mathématicienne autodidacte, a marqué l’histoire par ses contributions à la résistance des matériaux, influençant même la construction de la tour Eiffel.
Ces femmes exceptionnelles seront bientôt mises à l’honneur sur la tour Eiffel, symbole de l’excellence scientifique et de l’innovation. Leur reconnaissance contribuera à mettre en lumière le rôle essentiel des femmes dans le domaine de la science et à inspirer les générations futures. Les astronomes, géologues ou chimistes mathématiciennes souvent oubliées seront bientôt à l’honneur sur la célèbre tour Eiffel à Paris.
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