Dans le cadre de la semaine pour l’emploi, nous partons à la découverte d’un ESAT, un établissement ou service d’aide par le travail. Une entreprise presque comme les autres qui offre aux adultes en situation de handicap la possibilité de se réinsérer par le travail.
Florence réfléchit deux secondes et lâche, comme une évidence : «Oui, au final, je dirais que nous fonctionnons globalement comme n’importe quelle entreprise.» Nous sommes dans le 13è, à la Butte aux Cailles, à l’ESAT COS (Centre d’Action Sociale) Regain, un lieu chapeauté par la fondation COS Alexandre Glasberg.
Depuis deux ans et demi, Florence est ici monitrice d’équipe. Elle supervise en moyenne quatorze personnes en présentiel dans l’un des six ateliers du site. Les 90 employés de l’entreprise sont multitâches : conditionnement, préparation de commandes, expédition, contrôle qualité de notice pour le compte d’une grande marque de luxe, vérification de références en vue d’un recrutement etc. Florence, elle, s’occupe d’un atelier d’affranchissement. Son bureau est situé à quelques mètres seulement et de là, elle garde un œil tout en rédigeant des courriels, sur des salariés qui n’en sont pas vraiment.
Elle se définit comme «encadrante travaillant avec des gens en situation de handicap«, tout en assumant sa «double casquette car on accompagne les gens sur le plan professionnel et social tout en gérant la production. Au final, c’est cette seconde casquette qui me demande le plus de travail. Le sens d’un ESAT, c’est de mettre les gens au travail et ce que nous faisons tous les jours«.
Elle doit faire attention à prendre en compte la capacité de chacun «à se concentrer qui peut varier d’un jour à l’autre, leur fatigue ou leur nervosité». Mais sa plus grande crainte reste «de ne pas être capable de livrer le client en temps et en heure«, avant de rajouter avec un sourire «comme une entreprise normale«.
Pour certains présents ce jour-là, le monde de travail est presque une nouveauté. Comme pour Paulin, 48 ans, et qui habite dans le 20è. C’est la première fois qu’il se retrouve dans un ESAT. Il y a atterri, comme il le précise, il y a «deux ans et deux mois«. Après deux années d’étude supérieure, il travaille «deux ou trois mois dans le télémarketing» avant de se rendre compte que ses «soucis personnels» l’empêchaient de pouvoir continuer.
Après avoir tâtonné pendant plusieurs années en essayant de mettre le doigt sur ce qui n’allait pas puis passé «beaucoup de temps en psychiatrie à ne pas faire grand-chose et j’en ai eu marre, j’avais besoin de passer à autre chose et d’un projet.» Passé «l’angoisse de ne pas savoir bien faire«, il avoue se sentir «bien» depuis six mois et même avoir appris «à travailler en équipe. Globalement, depuis que je suis ici, je me sens beaucoup mieux«.
Le monde du travail, Vivien, lui, l’a à l’inverse bien connu. D’une voix posée et réfléchie, ce tout juste quadragénaire retrace, tout en relevant régulièrement ses lunettes sur son nez, son parcours professionnel. Tout était bien parti, avec «un rattachement en centre Chine, à Huwan au consulat général de France en tant que volontaire international en entreprise». Il a ensuite enchaîné avec trois ans et demi dans un cabinet de conseil, suivi d’une mission complémentaire de quatre mois.
Et puis, c’est la sortie de route. Un ‘burn-out’ particulièrement violent, suivi d’une hospitalisation de trois mois à St-Anne puis l’apparition d’une maladie mentale, sans savoir si elle était latente ou si elle a été provoquée par les évènements. La cadence, la pression, l’incertitude, un planning changeant constamment… Il résume sobrement par un «j’étais trop usé et avant d’arriver dans cet établissement en septembre 2024, je n’avais pas travaillé depuis sept ans car le monde du travail était devenu synonyme de souffrance.» Plus maintenant. «Venir ici me permet d’entamer une transition en douceur. Je me suis désormais fixé comme but de retrouver un emploi dans l’audit interne d’ici deux ou trois ans«.
Les ESAT – anciennement CAT jusqu’en 2005 – sont des établissements ou centres d’aides au travail médico-sociaux employant des travailleurs handicapés où ils bénéficient d’un soutien médico-social et éducatif.
Il en existe 1400 en France, 91 en Île-de-France et 35 dans Paris intra muros. À raison de plus ou moins cent travailleurs par établissement, cela représente au total plus de 1 40000 personnes. Ici dans le 13è, le lieu existe depuis 2002 et abrite 87 travailleurs. Chaque année, entre six et dix personnes quittent les lieux pour diverses raisons, telles que déménagement, retraite ou soins, mais certains sont présents depuis plus de vingt ans.
Leur objectif est d’aider des adultes en situation de handicap à se réinsérer par le travail une fois leur statut de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) reconnu. Les personnes accueillies sont des handicapés psychiques, capables de travailler malgré des troubles tels que la schizophrénie ou la bipolarité.
Ces travailleurs en situation de handicap ne sont pas considérés comme salariés mais bénéficient d’une rémunération financée en partie par l’ESAT et en partie par l’Etat, complétée par l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). Ils ont des congés payés et peuvent cotiser à la retraite.
Les travailleurs restent en moyenne neuf ans, certains étant présents depuis 2002. L’ESAT est en pleine transformation pour favoriser la transition vers un retour complet à l’emploi. L’un des défis est de sensibiliser les entreprises à accueillir des personnes en situation de handicap invisible.
L’ESAT est également en recherche de nouveaux clients pour proposer des projets adaptés à chaque capacité des travailleurs. Grâce à une plateforme dédiée, ils peuvent répondre à des appels d’offres pour les ESAT. Surtout, dès que le nombre d’employés atteint vingt, une entreprise doit accueillir une personne en situation de handicap représentant 6% de ses effectifs ou recourir à de la sous-traitance via des ESAT.
Cependant, Marie-Hélène Hoessler souligne fièrement que «nous soutenons également de nombreuses petites entreprises de moins de vingt salariés qui n’ont pas d’incitation financière. Nous avons aidé de nombreuses jeunes entreprises à démarrer, comme la marque Michel & Augustin que nous avons soutenue au début. Beaucoup reviennent vers nous car elles voient notre réactivité, notre compétitivité et notre bon travail, et surtout, les avantages sociaux que cela leur apporte».
Il résume sobrement en expliquant qu’il avait été trop usé et n’avait pas travaillé pendant sept ans avant d’arriver dans cet établissement en septembre 2024, en raison de la souffrance associée au monde du travail. Maintenant, il voit cette transition comme une opportunité pour retrouver un emploi dans l’audit interne d’ici deux ou trois ans.
Les ESAT, anciennement CAT jusqu’en 2005, sont des établissements qui emploient des travailleurs handicapés et leur offrent un soutien médico-social et éducatif. Il y en a 1400 en France, 91 en Île-de-France et 35 à Paris intra-muros, accueillant plus de 140 000 personnes au total. Dans le 13ème arrondissement, un établissement existe depuis 2002 et emploie 87 travailleurs, certains depuis plus de vingt ans.
Le responsable commercial et développement, Ursulet, explique que l’objectif est d’aider les adultes en situation de handicap à se réinsérer dans le monde du travail une fois leur statut de travailleur handicapé reconnu. Les personnes accueillies sont des handicapés psychiques capables de travailler malgré des troubles comme la schizophrénie ou la bipolarité.
Les travailleurs en situation de handicap ne sont pas salariés mais reçoivent une rémunération partiellement financée par l’ESAT et l’État, complétée par l’Allocation Adulte Handicapé. Ils travaillent quatre jours et demi par semaine, cotisent à la retraite et ont droit à des congés payés.
La directrice de l’établissement, Marie-Hélène Hoessler, décrit l’ESAT comme un mélange entre le médico-social et une entreprise traditionnelle, suivant des personnes aux parcours divers. Elle souligne les défis liés au manque de places en ESAT, mais mentionne un plan de transformation en cours pour faciliter la transition vers un retour complet à l’emploi.
Il reste encore à convaincre les entreprises d’offrir des opportunités aux travailleurs en ESAT, car malgré de bonnes intentions, elles peuvent manquer de formation ou de sensibilité. Accueillir au sein de son équipe une personne en situation de handicap invisible est une démarche significative. Cela implique de trouver de nouveaux clients pour l’entreprise tout en veillant au bien-être et à l’accompagnement des travailleurs, afin qu’ils trouvent un sens et une satisfaction dans leur travail. Maud Ursulet, responsable de l’entreprise, mentionne qu’ils reçoivent de nombreuses demandes entrantes, notamment des demandes de devis, mais qu’ils sont également actifs dans la recherche de nouveaux clients et de projets adaptés à chaque capacité des employés en atelier.
Une plateforme dédiée aux demandes clients a permis à l’entreprise de répondre à des appels d’offres pour les ESAT. De plus, toute entreprise comptant plus de vingt employés est tenue d’accueillir au moins 6% de personnes en situation de handicap, ce qui peut se faire par le biais de sous-traitance avec des ESAT.
Marie-Hélène Hoessler souligne avec fierté que l’entreprise travaille également avec de petits clients qui n’ont pas d’obligation financière envers eux. Ils soutiennent également de jeunes entreprises en développement, comme la marque Michel & Augustin, en leur offrant un soutien réactif, compétitif et de qualité. Ces collaborations sont bénéfiques tant sur le plan économique que social.
L’ESAT COS Regain, situé dans le 13ème arrondissement de Paris, fonctionne comme n’importe quelle entreprise, selon Florence, monitrice d’équipe. Elle supervise un groupe de quatorze personnes dans l’un des six ateliers du site, où les employés effectuent diverses tâches telles que le conditionnement, la préparation de commandes, l’expédition, le contrôle qualité et d’autres missions variées. Florence gère spécifiquement un atelier d’affranchissement.
En conclusion, l’accueil de personnes en situation de handicap invisible au sein d’une entreprise apporte des défis mais aussi des opportunités de croissance et d’enrichissement mutuel pour tous les collaborateurs. Il s’agit d’une démarche inclusive et socialement responsable qui contribue à la diversité et à l’épanouissement professionnel de chacun. Son bureau est situé à quelques mètres seulement, ce qui lui permet de garder un œil sur des salariés qui ne sont pas vraiment des salariés pendant qu’elle rédige des courriels. Elle se décrit comme une «encadrante travaillant avec des gens en situation de handicap», assumant sa double casquette de gérer à la fois le plan professionnel et social tout en s’occupant de la production. Elle explique que la seconde casquette demande le plus de travail, car l’objectif d’un ESAT est de mettre les gens au travail, ce qu’ils font chaque jour.
Elle fait attention à la capacité de chacun à se concentrer, qui peut varier d’un jour à l’autre, ainsi qu’à leur fatigue et leur nervosité. Sa plus grande crainte est de ne pas pouvoir livrer le client en temps et en heure, mais elle ajoute avec un sourire que c’est comme dans une entreprise normale.
Pour certains, comme Paulin, le monde du travail est une nouveauté. Après des études supérieures et une courte expérience dans le télémarketing, il a finalement atterri dans l’ESAT il y a deux ans. Après avoir passé du temps en psychiatrie, il se sent désormais bien et apprend à travailler en équipe.
Vivien, quant à lui, a connu le monde du travail avant de faire face à un burn-out violent et à des problèmes de santé mentale. Après sept ans sans emploi, il a trouvé dans l’ESAT une transition en douceur et a maintenant pour objectif de retrouver un emploi dans l’audit interne.
Les ESAT, établissements d’aides au travail pour les personnes handicapées, offrent un soutien médico-social et éducatif aux travailleurs handicapés. Ces établissements emploient plus de 140 000 personnes en France, dont 87 à Paris 13. Certains travailleurs y restent depuis plus de vingt ans.
Leur objectif est d’aider les adultes en situation de handicap à se réinsérer par le travail une fois leur statut de travailleur handicapé reconnu. Il y a des ateliers disponibles en interne ainsi que des détachements en entreprise pour ceux qui le souhaitent et le peuvent. Nous accueillons ici des personnes handicapées psychiques, telles que celles atteintes de schizophrénie, de bipolarité ou d’autres troubles de comportement, mais qui sont aptes à travailler. Ces individus sont évalués par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et ont un statut de ‘travailleur en situation de handicap’. Ils perçoivent une rémunération partiellement financée par l’ESAT et l’Etat, complétée par l’Allocation Adulte Handicapé (AAH), équivalant à un petit SMIC pour un travail de quatre jours et demi par semaine.
Notre établissement se situe entre le médico-social et une entreprise traditionnelle, suivant des personnes aux parcours variés. Le défi principal est le manque de places en ESAT, mais un plan de transformation est en cours pour faciliter la transition vers un retour complet à l’emploi. Convaincre les entreprises d’accueillir des travailleurs en situation de handicap reste un défi, tout comme trouver de nouveaux clients pour garantir un environnement de travail positif et enrichissant.
Grâce à une plateforme dédiée, nous pouvons répondre aux demandes clients et participer à des appels d’offres. Nous soutenons également de jeunes entreprises, offrant notre réactivité, compétitivité et excellence au service de leur succès.
SOURCE
Camille Dupont
Je suis Camille Dupont, professionnelle junior en communication digitale. Je crée et gère du contenu pour les réseaux sociaux et les médias en ligne, en combinant copywriting, narration visuelle et montage de base. Formée en communication audiovisuelle et titulaire d’un master en contenus digitaux, je suis motivée par le storytelling et par la connexion avec les jeunes audiences à travers du contenu créatif.















Deja una respuesta