Ce vendredi 30 janvier, au dernier jour du procès en appel de Myriam, accusée de meurtre sur mineur, l’avocat général a requis à son encontre 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté. Verdict : 30 ans de réclusion criminelle.
Myriam est reconnue coupable d’avoir volontairement donné la mort à Lisa. Elle est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle. Elle fait l’objet d’un suivi socio judiciaire de 7 ans obligatoire.
À l’annonce du verdict, les parents de Lisa ont fondu en larmes.
Myriam dispose de dix jours pour se pourvoir en cassation.
Lors du premier procès d’assises, à Lyon, l’avocat général, Baptiste Godreau avait déjà réclamé 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Myriam J. La cour avait condamné la jeune femme, professionnelle de la petite enfance, à 25 ans de prison pour «actes de torture et de barbarie, ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Myriam J., salariée de la micro crèche privée Danton Rêve, à Lyon, avait fait ingurgiter à un bébé de 11 mois, un produit toxique de type déboucheur de canalisations. L’enfant a succombé à des nécroses et de graves brûlures internes.
Le parquet général avait fait appel. Près de dix mois se sont écoulés. Pour ce nouveau procès, qui s’est déroulé durant trois jours à Bourg-en-Bresse, il a requis une «lourde peine» de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers et d’une injonction de soins à l’encontre de Myriam J.
Baptiste Godreau, avocat général, lors du premier procès d’assises de Myriam J.à Lyon en avril 2025
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© France tv / Dessin : Emmanuel Prost (archives)
Des questions sans réponses
«La tâche qui vous a été confiée est immensément complexe, vous avez été désignés par un simple tirage au sort pour juger ce qui s’est déroulé dans une micro crèche de Lyon. Vous avez écouté avec attention pour vous forger une intime conviction», prévient le magistrat en s’adressant aux jurés. Et, il poursuit, insistant sur la sensibilité du dossier : «Vous avez vu à quel point ce dossier a marqué l’ensemble des enquêteurs, médecins, légistes, pédiatres, certains se sont écroulés à la barre… Ces faits vous marqueront jusqu’à la fin de votre vie, c’est une certitude !»
Pourquoi Lisa ? Pourquoi ce mode opératoire ? Pourquoi cette bouteille est-elle arrivée là ? Ces questions resteront sans réponses.
Baptiste GodreauAvocat général
«Quelle qualification pénale? Quelle peine infliger à Myriam J.? Lisa, 11 mois, est décédée dans des conditions innommables», rappelle le magistrat dans ce long préambule. Il évoque un «huis clos» dans lequel «seule Myriam J. était présente». «Mais sa parole ne vaut pas grand-chose, elle n’a cessé de changer sa version pour tenter de perdre les enquêteurs, la cour, voire elle-même.» Le magistrat l’assure : «Des questions resteront sans réponses.»
Qualification «erronée»
«Il est rare que le parquet exerce son droit d’appel dans un dossier d’assises, à plus forte raison quand la personne a été condamnée à une peine de 25 ans», explique le magistrat.
L’avocat général estime que la décision de faire appel a contraint les parents de Lisa à revivre les faits, et il en porte la responsabilité. Il partage la vision des trois parties civiles qui ont plaidé en fin de matinée.
Selon lui, la décision de première instance rendue par six jurés est respectée mais incomprise. Il estime que la qualification est juridiquement erronée et ne correspond pas à la réalité du dossier. Il souligne que l’intention homicide ne peut être balayée et que ne pas retenir la qualification d’actes de torture et de barbarie ne nie pas la souffrance de Lisa.
Il insiste sur le fait que les actes de torture et de barbarie sont d’une gravité exceptionnelle et supposent une multiplicité de coups ou des actes commis sur un temps long, ce qui ne correspond pas au comportement de l’accusée ce jour-là.
L’avocat général affirme que Myriam J. est coupable d’avoir volontairement donné la mort à Lisa, et il demande de rejuger voire de déjuger la première cour d’assises. Il souligne que l’intention homicide ne peut être écartée et martèle que mettre un produit mortel dans la cavité buccale d’un enfant équivaut à une intention de tuer.
Il requiert une lourde peine pour l’accusée, soulignant qu’elle est pleinement responsable de ses actes. Il rappelle que Myriam J. a fait le choix de faire taire Lisa pour l’éternité, et demande une peine de 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté des deux tiers. L’avocate de la défense a toujours souligné que Myriam J. ne voulait pas tuer, même de manière maladroite. Elle a été critiquée pour son comportement après les faits, mais comme de nombreuses personnes l’ont souligné, elle était paniquée. Son geste n’avait pas pour but de tuer la fillette. Selon l’avocate, il s’agit d’actes extrêmes qui ont entraîné la mort sans intention de la donner.
La deuxième avocate de la défense a ensuite pris la parole pour reconnaître la charge émotionnelle du dossier. Elle a invité les jurés à mettre de côté leurs émotions et à considérer le décalage entre les faits reprochés et la personnalité de Myriam J. Elle a également souligné la fragilité de la jeune femme et son comportement exemplaire en détention.
Les derniers mots de l’accusée ont été des excuses sincères envers la famille de la victime, la cour, les juges et les avocats. Elle a exprimé des regrets pour son geste et a affirmé penser à la fillette tous les jours. Les jurés se sont ensuite retirés pour délibérer.
La présidente a ensuite annoncé le verdict : Myriam est reconnue coupable de meurtre sur mineur et condamnée à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté. Les parents de la victime ont réagi avec émotion. Myriam a dix jours pour se pourvoir en cassation. Au premier procès, elle avait été condamnée à 25 ans de prison pour des actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort de la fillette. Lors de ce nouveau procès de trois jours à Bourg-en-Bresse, l’avocat général a demandé une «lourde peine» de 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers et une injonction de soins pour Myriam J.
Le magistrat a souligné la complexité du dossier et a insisté sur le fait que des questions resteront sans réponses concernant les circonstances de la mort de Lisa. Il a également remis en question la qualification pénale attribuée lors du premier procès.
L’avocat général a défendu l’idée que Myriam J. avait l’intention de tuer Lisa en lui administrant un produit mortel, et a demandé aux jurés de la condamner pour meurtre. Il a souligné le caractère grave et irréversible de l’acte commis. Le magistrat rappelle que Myriam J. n’a jamais fourni d’informations utiles pour la prise en charge de l’enfant par les secours, qualifiant cet acte d’isolé et pointant du doigt ses mensonges. L’avocat général, Baptiste Godreau, souligne que Myriam J. a agi de manière irresponsable en ne faisant rien pour sauver Lisa mais en essayant de se sauver elle-même. Il rappelle également que le législateur considère qu’aucune infraction n’est plus grave que d’attenter à la vie d’un enfant, ce qui signifie que Myriam J. encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre sur un mineur de moins de 15 ans.
Baptiste Godreau requiert une peine sévère pour Myriam J., soulignant qu’elle est pleinement responsable de ses actes et que les experts n’ont pas écarté tout risque de récidive. Il demande une peine de 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté des deux tiers, ainsi qu’un suivi socio-judiciaire.
Les avocats de la défense prennent ensuite la parole, avec Me Mailys Leduc soulignant l’acte irréparable commis par Myriam J. Elle implore le tribunal de comprendre la situation, affirmant que Myriam J. a commis cet acte sans intention de tuer. Me Leduc insiste sur la fragilité de la personnalité de Myriam J. et affirme qu’elle n’est pas un monstre.
Me Julia Coppard, l’autre avocate de la défense, évoque la charge émotionnelle de l’affaire et demande aux jurés de mettre de côté leurs émotions. Elle reconnaît les erreurs de Myriam J. mais met en avant sa fragilité et son acceptation de la détention. Me Coppard en appelle au serment des jurés de ne pas se laisser guider par la haine ou la méchanceté.
Enfin, Myriam J. présente ses excuses à la famille de la victime, à la cour, aux juges et aux avocats, exprimant des regrets sincères pour son geste. Les jurés se retirent pour délibérer à 15h21.
Dans l’ensemble, le procès met en lumière la tragédie de la situation et les différentes perspectives sur la responsabilité et la nature des actes de Myriam J. La décision finale reposera sur la détermination de l’intention de l’accusée et sur la peine adéquate à lui infliger.
Ce vendredi 30 janvier, au dernier jour du procès en appel de Myriam, accusée de meurtre sur mineur, l’avocat général a requis à son encontre 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté. Verdict : 30 ans de réclusion criminelle.
L’avocat général, Baptiste Godreau, estime que la décision de faire appel a contraint les parents de Lisa à revivre les faits, et il en porte la responsabilité. Il partage la vision des trois parties civiles qui ont plaidé en fin de matinée. Il respecte la décision de première instance rendue par six jurés, mais il ne la comprend pas. Il estime que la qualification est erronée juridiquement et ne correspond pas à la réalité du dossier.
Pour lui, l’intention homicide ne peut être balayée, mais ne pas retenir la qualification d’actes de torture et de barbarie n’est pas nier la souffrance de Lisa. Il rappelle que les actes de torture et de barbarie sont définis comme des actes d’une gravité exceptionnelle qui nient toute notion de dignité humaine à la victime. Il estime que les faits ne correspondent pas à une multiplicité d’actes sur un temps long, comme pour les actes de torture et de barbarie.
Baptiste Godreau est convaincu que Myriam J. est coupable d’avoir volontairement donné la mort à Lisa. Il affirme que l’accusée avait l’intention de tuer l’enfant en lui administrant un produit mortel, et il martèle que l’intention homicide ne peut être écartée.
Il requiert une lourde peine pour Myriam J., soulignant qu’elle est pleinement responsable de ses actes. Il rappelle que la victime, Lisa, demandait simplement à être prise en charge, mais que Myriam J. a choisi de la faire taire pour l’éternité. Il demande une peine de 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté des deux tiers, ainsi qu’un suivi socio-judiciaire.
Les avocats de la défense prennent ensuite la parole, tandis que les parents de Lisa, demandant la justice et non la vengeance, se sont éclipsés pendant les plaidoiries. Me Mailys Leduc implore les jurés de dépasser l’horreur et de comprendre l’acte irréparable commis par Myriam J., soulignant que c’est une femme à la personnalité fragile. L’avocate a toujours affirmé que la prévenue n’avait pas l’intention de tuer, même si ses actions ont entraîné la mort de la fillette. Elle souligne que la prévenue était en état de panique et que son geste n’était pas destiné à causer la mort.
L’avocate de la défense insiste sur le fait que la prévenue n’est pas un monstre et qu’elle n’avait pas l’intention de tuer l’enfant. Elle reconnaît que les émotions sont fortes dans ce dossier et invite les jurés à rester objectifs.
Elle admet que la prévenue a commis des actes monstrueux et qu’aucune peine ne pourra réparer ce qui a été fait. Elle défend la prévenue en soulignant sa fragilité et le fait qu’elle a accepté sa responsabilité et suivi des soins en détention.
Les derniers mots de la prévenue sont des excuses sincères envers la famille de la victime, la cour, les juges et les avocats. Elle exprime des remords et assure qu’elle pense chaque jour à la fillette. Les jurés se retirent pour délibérer à 15h21.
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