Avant la reprise des négociations, le président américain a proposé à l’Iran un «deal raisonnable», menaçant de détruire les infrastructures énergétiques et les ponts iraniens en cas d’échec. Téhéran n’a pas confirmé sa participation à de nouveaux pourparlers.
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A trois jours de l’expiration du cessez-le-feu, Donald Trump a annoncé l’envoi d’une délégation américaine au Pakistan, lundi 20 avril, pour relancer les pourparlers de paix avec l’Iran. «Mes représentants se rendent à Islamabad. (…) Ils seront là demain soir, pour des négociations», a écrit le président américain, dimanche 19 avril, sur sa plateforme Truth Social. La présence des négociateurs iraniens n’a pas encore été confirmée.
J.D. Vance mènera la délégation américaine
Le vice-président américain J.D. Vance mènera une nouvelle fois la délégation américaine, a affirmé un responsable de la Maison Blanche à l’AFP. Le vice-président sera donc présent aux côtés des deux émissaires habituels de Donald Trump : l’envoyé spécial Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner. Le président des Etats-Unis avait dans un premier temps assuré à ABC que son vice-président ne se rendrait pas à Islamabad, évoquant des questions de sécurité.
La sécurité dans la capitale pakistanaise Islamabad a visiblement été renforcée, à l’approche de cette reprise des pourparlers de paix. Les autorités pakistanaises ont annoncé la fermeture de routes et des restrictions de circulation dans la capitale ainsi que dans la ville voisine Rawalpindi. Des journalistes de l’AFP ont vu des gardes armés et des check-points près des hôtels les plus sécurisés d’Islamabad, notamment le Marriott et le Serena, où s’est tenue la dernière série de pourparlers.
La participation de Téhéran encore incertaine
L’Iran participera-t-il à de nouvelles négociations avec Washington au Pakistan ? Dimanche soir, Téhéran n’a pas encore apporté de réponse claire. D’après les agences de presse Fars et Tasnim, qui citent des sources anonymes, le régime n’a pas encore pris de décision. L’agence officielle Irna indique de son côté qu’il n’y a «aucune perspective claire de négociations fructueuses», citant, outre le blocus naval, les «exigences déraisonnables» de Washington.
Donald Trump espère un «deal» rapidement
Avant la reprise des négociations, Donald Trump a estimé offrir à l’Iran un «deal raisonnable». Il a assuré que les principaux points d’achoppement, qui avaient conduit à l’échec des premiers pourparlers à Islamabad le 12 avril, avaient été levés, en particulier sur le volet nucléaire, au cœur des différends entre les deux pays. Selon lui, l’Iran a accepté de remettre son uranium hautement enrichi, ce qu’a démenti Téhéran.
Côté iranien, le puissant président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de l’équipe de négociations, a prévenu qu’un accord de paix était encore lointain avec les Etats-Unis. «Nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat», a-t-il estimé. «Nous avons fait des progrès, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens», a-t-il ajouté.
Si jamais l’Iran refusait de signer un accord, «les Etats-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran. FINI DE JOUER LES GENTILS !», a prévenu Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Le président américain a martelé auprès d’ABC que l’accord «se fera», «d’une manière ou d’une autre».
La situation dans le détroit d’Ormuz reste inflammable
Dans un message sur Truth Social, Donald Trump a également accusé Téhéran d’avoir violé le cessez-le-feu, qui expire mercredi 22 avril, en lançant des attaques dans le détroit d’Ormuz, en visant notamment un navire français et un autre britannique, selon lui.
Si les bombardements ont cessé, le blocage persiste dans le très stratégique détroit d’Ormuz. Face au maintien du blocus américain de ses ports depuis le 13 avril, l’Iran a annoncé samedi en reprendre «le strict contrôle», revenant sur sa décision de la veille de rouvrir la voie maritime par lequel passe normalement un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel.
La fermeture du détroit d’Ormuz «est la seule carte que les Iraniens ont, mais ils sont en train de la perdre et ils le savent», a déclaré Chris Wright, le ministre de l’Energie américain, sur CNN. «Ils ne vont plus pouvoir vendre leur production à l’étranger via le détroit d’Ormuz et les sanctions financières et bancaires leur font mal», a-t-il ajouté, en référence au blocus des ports iraniens imposé par les Etats-Unis.














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