Vincent Constant
Publié le
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Le gouvernement veut interdire l’usage des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Le projet de loi est débattu ce lundi 26 janvier à l’Assemblée nationale. Du côté des principaux intéressés et des experts du secteur, la mesure peine à convaincre.
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La volonté du gouvernement est de rendre les réseaux sociaux interdits pour les moins de 15 ans, avec un projet de loi déposé par Ensemble pour la République en novembre 2025. Ce texte sera débattu à l’Assemblée nationale ce lundi 26 janvier.
Certains adolescents, comme Clara et Axelle, ne sont pas au courant de cette nouvelle mesure et pensent qu’il y a des priorités plus importantes. D’autres, comme Noah, soutiennent l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans en raison de l’addiction.
La proposition de loi prévoit également l’interdiction des téléphones portables dans les lycées, mesure qui divise les opinions. Certains, comme Anita, âgée de 11 ans, soutiennent le contrôle parental sur les téléphones des enfants.
Un enseignant-chercheur en information et communication, Justine Simon, a une position modérée sur la proposition de loi, soulignant l’importance de l’éducation et de l’accompagnement des pratiques numériques. Elle critique le positionnement autoritaire du gouvernement et appelle à une meilleure compréhension des besoins des usagers des réseaux sociaux. Les parents et les défis de l’éducation des enfants sont des aspects extrêmement importants à considérer également. Une autre question préoccupe l’enseignante : qui aura le pouvoir de décider quels réseaux sociaux interdire et comment le faire ? Quels critères définissent un réseau social comme acceptable pour les mineurs par rapport à une plateforme jugée «problématique» ? Selon le projet de loi, c’est l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) qui sera responsable d’établir une liste des réseaux à interdire par décret – si la proposition de loi est adoptée.
Justine Simon souligne : «Quand on parle de grandes plateformes, comme X qui a été complètement infiltré et a supprimé tous les filtres liés à la désinformation et aux discours haineux… on se rend compte qu’il y a un problème.» Elle ajoute : «Quand tu n’as pas de téléphone, tu es marginalisé. Certains enseignants utilisent des outils numériques interactifs dans leurs cours. Et il est important de noter que ce sont les jeunes qui sont les plus conscients des dangers des réseaux sociaux aujourd’hui.»
Elle exprime également sa préférence pour l’éducation plutôt que l’interdiction. «Le problème avec les interdictions, c’est qu’elles peuvent entraîner des pratiques encore plus secrètes et marginales. Cela peut inciter à transgresser les règles de manière cachée. C’est un danger aussi.»
Les dérives peuvent également toucher des pratiques essentielles, comme l’information des adolescents sur les réseaux sociaux selon une étude du Labo Société numérique de juin 2025. Justine Simon reconnaît qu’il y a des médias de qualité sur des plateformes comme YouTube, TikTok et Instagram qui atteignent un jeune public avec succès. Elle souligne que l’interdiction des réseaux sociaux sans discernement priverait certains jeunes de contenus informatifs riches et pertinents.
Enfin, l’enseignante met en garde contre le risque de priver les adolescents d’un outil de sociabilisation important en coupant l’accès aux réseaux sociaux. Pour cette génération qui a grandi dans un monde numérique, couper les liens semble plus facile à imaginer qu’à mettre en pratique au quotidien. » déclare Clara.
De son côté, Axelle estime que «les réseaux sociaux sont importants pour certaines personnes, ça leur permet de s’exprimer, de partager des choses. C’est dommage de les interdire aux moins de 15 ans«.
Les experts du secteur des nouvelles technologies partagent également un avis mitigé. Certains pensent que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans est une mesure nécessaire pour protéger les jeunes des dangers en ligne. D’autres, en revanche, considèrent que cette mesure pourrait être un simple placebo trompeur, car les jeunes trouveront toujours des moyens d’accéder aux réseaux sociaux, que ce soit à travers des comptes falsifiés ou en empruntant les smartphones de leurs parents.
Le débat sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans reste donc ouvert, entre nécessité de protéger les jeunes et réalité de l’accès quasi-illimité à internet.
Au lycée, nous ne sommes pas sur les réseaux sociaux, nous avons des amis et d’autres activités à faire.»
La proposition de loi prévoit également l’interdiction des téléphones portables dans les lycées, comme cela a été mis en place pour les niveaux inférieurs depuis la rentrée 2025. Certaines personnes sont sceptiques à ce sujet. «Ce n’est pas utile, de toute façon les élèves trouveront toujours un moyen d’utiliser leur téléphone», affirme Axelle.
Noah, quant à lui, ne voit pas de problème avec ces interdictions. «C’est une idée intéressante», dit-il en souriant, avant de déclarer : «Il faut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.» Ce garçon de 13 ans évoque l’addiction comme premier motif.
Anita, 11 ans, possède un téléphone avec contrôle parental. En plus des messages et des appels, elle ne peut utiliser que Duolingo et Pronote. «Je trouve que c’est bien, car pour moi ce n’est pas normal de voir des enfants très jeunes avec des téléphones», argumente la collégienne.
En tant qu’enseignant-chercheur en information et communication à l’université de Franche-Comté, Justine Simon a une position modérée sur la proposition de loi. «Comme dans toute pratique, il y a du bon et du mauvais», dit-elle. «Après, interdire de manière autoritaire sans se concentrer sur l’accompagnement et l’éducation, je pense qu’il faut aussi s’intéresser aux pratiques.»
Justine Simon souligne une méconnaissance des pratiques numériques de la part du gouvernement. Elle estime que la responsabilité devrait être davantage placée sur l’éducation et la parentalité.
Une question importante est soulevée par l’enseignante : qui décidera quels réseaux sociaux interdire et comment ? Selon le projet de loi, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) établira une liste des réseaux à interdire par décret si la proposition de loi est adoptée.
«Justine Simon conclut en disant: «Quand tu n’as pas de téléphone, tu es marginalisé. Certains professeurs utilisent des outils numériques interactifs dans leurs cours.» Les jeunes sont les plus conscients des dangers des réseaux sociaux de nos jours, selon Justine Simon, enseignante-chercheuse en information et communication à l’université de Franche-Comté. Elle souligne que toute interdiction peut entraîner des pratiques cachées et marginalisées, car les interdits ont tendance à susciter une envie de transgression. Par conséquent, elle prône l’éducation plutôt que l’interdiction.
Selon une étude du Labo Société numérique de juin 2025, les adolescents s’informent principalement sur les réseaux sociaux et les plateformes vidéo. Cependant, Justine Simon reconnaît que ces plateformes peuvent contenir des contenus discutables, mais également des contenus informatifs de qualité. Ainsi, interdire sans discernement priverait certains jeunes d’informations pertinentes.
De plus, l’enseignante met en garde contre le risque de rompre un outil de sociabilisation essentiel pour les adolescents, qui utilisent les réseaux sociaux pour interagir et tisser des liens. Pour une génération qui a grandi dans un monde numérique, couper complètement l’accès aux réseaux sociaux semble plus facile à envisager qu’à mettre en œuvre au quotidien.
En conclusion, Justine Simon insiste sur l’importance de l’éducation et de la sensibilisation des jeunes aux dangers des réseaux sociaux, plutôt que sur des mesures d’interdiction qui pourraient avoir des effets contre-productifs. Il est essentiel de trouver un équilibre entre l’accès à l’information et la protection des jeunes contre les risques en ligne. » déclare Clara. «C’est un peu stupide, on a besoin des réseaux sociaux pour communiquer, pour se retrouver avec nos amis» ajoute Axelle.
De son côté, le gouvernement justifie cette mesure en soulignant les dangers des réseaux sociaux pour les plus jeunes, notamment en termes de cyberharcèlement, de surexposition aux contenus inadaptés et de dépendance aux écrans. Mais pour certains experts, interdire l’accès aux réseaux sociaux ne résoudra pas ces problèmes de fond.
La question se pose alors : interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est-elle une mesure nécessaire pour protéger les jeunes, ou simplement un placebo trompeur qui ne résout pas les véritables enjeux liés à l’usage des réseaux sociaux ?
Ismaël Dupont
« Je suis Ismaël Dupont, Directeur de la Communication avec plus de 20 ans d’expérience en réputation d’entreprise, gestion de crise et stratégie digitale. J’ai dirigé des équipes dans des multinationales et des agences, conseillé des dirigeants et conçu des stratégies à fort impact. La transparence, l’innovation et l’utilisation de la communication comme avantage concurrentiel sont mes moteurs. »















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