Plusieurs milliers de personnes sont mentionnées dans les documents publiés à la fin janvier par le ministère de la Justice américain. Cependant, leur nom n’est pas une preuve de leur implication dans les crimes sexuels commis par le délinquant.
Des célébrités telles que Beyoncé, Rihanna, Taylor Swift et Bruno Mars sont citées dans les dossiers Epstein, bien qu’elles n’aient aucun lien avec le trafic sexuel de mineurs pour lequel le financier américain était accusé. Les documents publiés par le ministère de la Justice américain offrent un aperçu détaillé de la vie du multimillionnaire et de ses relations, mais la simple mention du nom de quelqu’un dans ces fichiers ne signifie pas qu’il est lié aux actes criminels du prédateur sexuel.
Il est apparu que de nombreux e-mails, vidéos et images sans rapport avec l’affaire se trouvent parmi les documents publiés. Par exemple, Beyoncé a été mentionnée en raison d’une conversation sur la réservation d’un de ses concerts en 2016, tout comme Bruno Mars en 2014. De même, des personnalités telles que la réalisatrice Mira Nair ont été mentionnées sans aucune preuve d’implication dans les actions criminelles d’Epstein.
En outre, des noms de personnalités françaises sans lien avec l’affaire ont également été mentionnés, comme celui de la ministre de la Culture Audrey Azoulay. Même des noms de boulangeries parisiennes sont présents dans les dossiers, simplement en raison de recommandations envoyées à Epstein. Cette diversité de noms souligne que la simple mention d’une personne dans les documents ne signifie pas qu’elle est liée aux activités criminelles d’Epstein.
L’ancienne Miss France s’est dite «profondément choquée et indignée» dans un communiqué, le 6 février. «Je n’ai jamais eu le moindre contact, la moindre rencontre, ni la moindre relation avec Jeffrey Epstein, pas davantage qu’avec une personne dénommée Siad».
L’ex-footballeur Franck Ribéry est, lui, nommé dans un fichier anonymisé daté de 2019, présenté comme une lettre transmise à la justice américaine. Il y est notamment écrit que l’appartenance de Ribéry «au monde de la prostitution n’est plus à prouver» et que l’homme aurait «tenté de frapper» une femme alors qu’elle se trouvait «dans son jardin», dont il aurait «obtenu l’adresse». L’avocat du footballeur a annoncé mardi son intention de porter plainte, dénonçant de «fausses informations».
D’autres noms apparaissent dans ces mails démontrant une relation suivie avec le financier américain, mais sans pour autant prouver une quelconque implication dans les crimes dont était accusé le pédocriminel. En France, les liens, notamment financiers, de Caroline et Jack Lang avec l’homme d’affaires ont récemment été révélés. Comme son père, Caroline Lang a dû démissionner de ses fonctions de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante, le 2 février. L’un comme l’autre ont assuré à France Télévisions ne pas avoir soupçonné les crimes sexuels de Jeffrey Epstein, avant son arrestation en 2019. Le Parquet national financier a ouvert une enquête à leur encontre, vendredi 6 février, pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
Les relations personnelles entretenues par la banquière Ariane de Rothschild et l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Olivier Colom, avec Jeffrey Epstein, sont également mises en lumière. Les deux ont assuré ne jamais avoir eu connaissance des crimes sexuels de Jeffrey Epstein avant son arrestation. D’autres personnalités semblent n’avoir rencontré le prédateur sexuel qu’à quelques reprises, sans jamais le revoir par la suite. C’est le cas du réalisateur oscarisé Michel Hazanavicius et du mathématicien et ex-député macroniste Cédric Villani. Tous deux ont affirmé qu’ils n’avaient pas connaissance des activités criminelles de leur interlocuteur lors de leurs entrevues.
A l’inverse, certains documents, comme les nombreux témoignages de victimes, issus de l’enquête judiciaire, détaillent les faits dont sont accusés le prédateur sexuel et son entourage. Les noms de personnes directement impliquées dans l’affaire sont ainsi cités. Celui de Ghislaine Maxwell compte plus de 19 000 occurrences. Complice, elle purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour «exploitation sexuelle», prononcée en 2022.
Le nom de l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel apparaît lui aussi plus 5 350 fois dans les fichiers publiés par le ministère de la justice. Suspecté d’avoir recruté des jeunes femmes pour le prédateur et accusé de viols par plusieurs anciens top models, il a été placé en détention provisoire en 2019. Il s’est suicidé en prison en 2022, stoppant net l’instruction judiciaire française à son encontre. Mais l’ONG Innocence en danger a demandé mardi la réouverture d’une enquête sur les agissements de Jeffrey Epstein en France.
Comment expliquer la difficulté d’appréhension des «Epstein files» pour le grand public ? Mais aussi pour les journalistes ? La profusion de documents publiés, en vertu du «Epstein files transparency act» voté par le Congrès américain, pose un problème de lisibilité et provoque, par ricochet, la confusion. La base de données agrège, dans le désordre et de manière incomplète, tous les éléments relatifs aux différentes enquêtes visant Jeffrey Epstein, lancées avant et après sa mort. Des documents d’enquête judiciaire côtoient ainsi les archives personnelles du pédocriminel (e-mails, photos, vidéos, registre de vols), le tout ayant été collecté lors de perquisitions.
Ces millions de fichiers sont répartis dans 12 jeux de données, dont la composition exacte est difficile à déterminer. Aucun index détaillé n’a en effet été fourni par le ministère de la Justice américain. La navigation dans les 3,5 millions de pages est, elle aussi, complexe. Le moteur de recherche mis à disposition par les autorités américaines contraint les utilisateurs à rechercher les mots ou groupes de mots exacts contenus dans les documents. Par conséquent, lors de l’exploration en ligne du fonds d’archives, beaucoup de fichiers non pertinents s’affichent souvent aux côtés de ceux recherchés.
La façon dont les fichiers ont été caviardés interroge par ailleurs les Démocrates. Le droit américain autorise l’expurgation de noms en vertu de la protection des victimes. Mais les opposants de Donald Trump ont dénoncé le caviardage de noms de possibles complices de Jeffrey Epstein. Tandis que les noms, coordonnées, voire photos de certaines de ses victimes ont été divulgués fin janvier, avant d’être retirés. Jamie Raskin, principal membre démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a accusé mercredi la ministre de la Justice, Pam Bondi, de diriger «un étouffement massif de l’affaire Epstein».
Cependant, il est important de noter que la simple présence du nom d’une personne dans ces fichiers ne signifie pas qu’elle soit impliquée dans les activités criminelles du prédateur sexuel condamné en 2008 pour prostitution de mineures.
De nombreuses personnalités, telles que Taylor Swift, Rihanna, Beyoncé et Bruno Mars, ont été mentionnées dans les fichiers sans aucun lien avec l’affaire. Certaines ont même été victimes de désinformation, comme la réalisatrice Mira Nair, qui a été mentionnée dans un e-mail sans aucune incrimination.
Des citoyens français, tels que le journaliste Boris Manenti et l’ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay, ont également été cités dans les fichiers sans lien avec l’affaire. Même des noms de boulangeries parisiennes ont été retrouvés dans les documents, simplement en raison de recommandations envoyées par mail à Jeffrey Epstein.
Certaines personnalités, comme l’ancienne miss France Flora Coquerel et l’ex-footballeur Franck Ribéry, ont été mentionnées dans les fichiers d’une manière plus compromettante. Cependant, ces mentions ne prouvent pas une quelconque implication dans les crimes du pédocriminel.
Enfin, les liens financiers entre Caroline et Jack Lang avec Jeffrey Epstein ont également été révélés en France, entraînant la démission de Caroline Lang de ses fonctions au Syndicat de la production indépendante.
Il en va de même pour d’autres personnalités comme Bruno Mars, dont le nom est apparu dans des échanges relatifs à l’organisation d’un événement caritatif auquel Epstein aurait été invité. Ces mentions ne témoignent en aucun cas d’une implication directe ou même indirecte de ces célébrités dans les crimes du financier américain.
La présence de noms connus dans les «Epstein Files» peut s’expliquer par les nombreux contacts et relations qu’entretenait Jeffrey Epstein dans son réseau. En tant que financier influent et philanthrope, il côtoyait régulièrement des personnalités issues de divers milieux. Cette proximité peut expliquer pourquoi tant de noms familiers apparaissent dans les documents publiés par le ministère de la Justice américain.
Il est donc important de ne pas tirer de conclusions hâtives sur la base de simples mentions de noms dans les «Epstein Files». La consultation de ces documents nécessite une analyse minutieuse et un recul critique pour démêler les informations pertinentes des éléments accessoires. La diversité des sujets abordés dans ces fichiers et la nature parfois anecdotique des mentions de célébrités soulignent la complexité de l’affaire Epstein et la difficulté à en saisir toutes les nuances.
En définitive, les «Epstein Files» constituent une mine d’informations complexes et parfois déroutantes. Leur consultation nécessite une approche rigoureuse et une compréhension fine du contexte pour éviter les amalgames et les interprétations erronées. Les noms de personnalités connues présents dans ces documents ne doivent pas automatiquement être associés aux crimes de Jeffrey Epstein, mais plutôt mis en perspective dans le cadre plus large de ses relations et de son influence dans divers milieux.
En 2014, Bruno Mars se retrouve dans une situation similaire. Comme d’autres célébrités de la musique, il est mentionné dans des documents sans aucun lien avec l’affaire ni avec le criminel en question. Certaines personnalités ont été victimes d’opérations de désinformation, comme la réalisatrice indo-américaine Mira Nair, mère du nouveau maire démocrate de New York, qui a été citée dans un e-mail adressé à Jeffrey Epstein en 2009 par une attachée de presse américaine. Rien dans ces documents n’incrimine Mira Nair.
Des noms de citoyens français sans lien avec l’affaire ont également été mentionnés, comme le journaliste du Nouvel Obs, Boris Manenti, et l’ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay. Même des noms de boulangeries parisiennes ont été retrouvés dans les dossiers. L’ancienne Miss France Flora Coquerel et l’ex-footballeur Franck Ribéry ont également été mentionnés dans des mails, mais ont catégoriquement nié toute implication avec Jeffrey Epstein.
D’autres personnalités, comme Caroline et Jack Lang ou la banquière Ariane de Rothschild et l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Olivier Colom, ont eu des relations suivies avec Jeffrey Epstein, mais sans preuve d’implication dans ses crimes. Des enquêtes ont été ouvertes pour blanchiment de fraude fiscale aggravée à l’encontre de certains. This is the case of Oscar-winning director Michel Hazanavicius and mathematician and former Macronist deputy Cédric Villani. Both have stated that they were not aware of the criminal activities of their interlocutor during their interviews.
In contrast, some documents, such as numerous testimonies from victims, from the judicial investigation detail the accusations against the sexual predator and his entourage. The names of individuals directly involved in the case are mentioned. Ghislaine Maxwell’s name appears over 19,000 times. She is currently serving a 20-year prison sentence for «sexual exploitation», imposed in 2022.
The name of modeling agent Jean-Luc Brunel also appears over 5,350 times in the files published by the Ministry of Justice. Suspected of recruiting young women for the predator and accused of rape by several former top models, he was placed in provisional detention in 2019. He committed suicide in prison in 2022, halting the French judicial investigation against him. However, the NGO Innocence en danger requested on Tuesday the reopening of an investigation into Jeffrey Epstein’s actions in France.
Why is it difficult for the general public to understand the «Epstein files»? And for journalists as well? The abundance of published documents, under the «Epstein files transparency act» passed by the US Congress, presents a problem of readability and, consequently, confusion. The database aggregates, in disorder and incompletely, all the elements related to the different investigations targeting Jeffrey Epstein, launched before and after his death. Judicial investigation documents are mixed with the pedocriminal’s personal archives (emails, photos, videos, flight logs), all collected during searches.
These millions of files are divided into 12 datasets, the exact composition of which is difficult to determine. No detailed index has been provided by the US Department of Justice. Navigation through the 3.5 million pages is also complex. The search engine made available by the US authorities requires users to search for exact words or groups of words contained in the documents. Therefore, during online exploration of the archives, many irrelevant files often appear alongside those being sought.
The way in which the files have been redacted also raises questions from Democrats. US law allows for the redaction of names under victim protection. However, opponents of Donald Trump have criticized the redaction of names of possible accomplices of Jeffrey Epstein. While the names, contact information, and even photos of some of his victims were disclosed at the end of January, they were later removed. Jamie Raskin, the leading Democratic member of the House Judiciary Committee, accused Justice Minister Pam Bondi on Wednesday of leading a «massive cover-up of the Epstein case.»
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