Ariel M., 53 ans, est soupçonné d’avoir volontairement écrasé Paul Varry, un cycliste de 27 ans, en plein Paris en octobre 2024 avec son SUV. Ce drame avait suscité une vive émotion.
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Le parquet de Paris requiert le renvoi pour meurtre devant la cour d’assises de l’automobiliste soupçonné d’avoir volontairement renversé et écrasé le cycliste Paul Varry, entraînant sa mort en octobre 2024, d’après son réquisitoire définitif, consulté par franceinfo mardi 28 avril. Le parquet de Paris considère que les éléments recueillis durant l’instruction permettent de caractériser une intention homicide de la part du conducteur. Une décision saluée par l’avocat de la famille.
Dans son réquisitoire, le parquet fait état de nombreux témoignages concordants, décrivant une scène très violente, dans laquelle Ariel M., 52 ans au moment des faits, percute volontairement le jeune homme de 24 ans et l’écrase avec ses roues avant et arrière dans une accélération «soudaine et franche», lui passant sur tout le corps. «C’est comme s’il avait pris un dos-d’âne très vite», décrit un témoin.
Au moment des faits, Ariel M. avait affirmé avoir été «terrorisé» par la victime et avoir tenté de fuir, une version que dément le parquet, s’appuyant sur les témoignages et les analyses de vidéosurveillance. Le parquet souligne que la manœuvre n’a pas pu être accidentelle, puisque le cycliste était visible par le conducteur, et que sa présence sous les roues a forcément entraîné des secousses dans l’habitacle du SUV. De plus, le conducteur s’est qualifié, lors des auditions, de «bon conducteur» et maîtrisait parfaitement son véhicule.
Le parquet note également que le comportement de l’automobiliste juste après les faits est décrit par des témoins comme «détaché», «calme» ou faisant preuve d’un «je-m’en-foutisme», et était inadapté à la gravité de la situation.
«Mes clients sont soulagés de constater que le parquet retient l’intention homicide. Les faits démontrent clairement qu’il n’a pas seulement voulu blesser Paul Varry mais qu’il a délibérément décidé de l’écraser, au niveau de la tête, avec son véhicule de plusieurs tonnes. Il ne pouvait ignorer qu’il allait donner la mort en faisant de telles manœuvres», a réagi l’un des avocats de la famille, Yassine Bouzrou, auprès de franceinfo.
Ariel M., avait été brièvement relâché sous bracelet électronique au mois d’avril. Mais le parquet a fait appel. Le conducteur du 4×4 est désormais à nouveau en détention provisoire. Une décision qui soulage Yassine Bouzrou. «La cour d’appel a heureusement infirmé la décision de remise en liberté d’un individu qui a écrasé volontairement un cycliste, avec un 4×4 de plusieurs tonnes, lui roulant sur le crâne». Selon l’avocat, «ses déclarations et son attitude montrent un mépris absolu pour la vie humaine» et «sa libération aurait été une insulte à tous les cyclistes».














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