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Alors qu’il est interdit par la loi depuis 1998, le bizutage continue de sévir dans les facultés, et particulièrement en médecine. France Télévisions a pu recueillir des témoignages de soirées rapportant des pratiques humiliantes et parfois dangereuses pour les étudiants.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Manger des aliments crus ou pour animaux. Des défis qui vont toujours plus loin où les étudiants sont parfois entravés. Depuis 28 ans, le bizutage est interdit par la loi, mais sous couvert de tradition, toute l’année, des étudiants en médecine continuent de se livrer à ces rituels qui peuvent parfois mal tourner.
Un étudiant fait partie d’une confrérie. Un groupe en théorie festif. Mais pour en faire partie, il faut passer ce qu’il appelle un baptême, qui va parfois trop loin selon lui dans les filières santé. Il a pu se procurer quelques photos. «C’est un baptême que j’ai trouvé très choquant. Il y en a une qui s’est fait aligner de la farine devant elle et elle devait prendre des rails de farine. Ils leur avaient disposé au sol des cartons avec différentes nourritures qu’ils ont balancées. De la nourriture pour chiens qu’ils devaient avaler en faisant des poses sexy. Ce qu’on voit sur la dernière photo, c’est une personne qui fond en larmes après une épreuve où elle s’est retrouvée enterrée, avec des personnes qui venaient balancer quelques gorgées de bière, venir uriner, venir vomir. Quand on est alcoolisé et entouré de quarante personnes qui nous forcent, qui nous incitent, qui rigolent, on n’est pas consentant», témoigne-t-il.
Exceptionnellement, une étudiante a accepté de nous parler de son baptême. Appartenir à ce groupe d’étudiants était pour elle très important. Elle nous raconte ce passage obligé auquel elle s’est soumise. «On cherche juste à se faire des nouveaux copains. Quand on arrive, dans mon cas, j’avais un sac-poubelle sur la tête. On nous fait nous agenouiller, on peut nous crier dessus pour nous dire de boire. Pendant les petites activités qu’on nous fait faire, les gens qui regardent nous crachent dessus. Il y a vraiment une ambiance mise pour créer une forme d’humiliation. On se dit que si on signale, ça peut nous retomber dessus», raconte-t-elle.
Ces traditions interdites seraient encore ancrées dans certaines facultés de médecine. C’est en tout cas ce que révèle un rapport sur l’Université de Tours en 2025 que nous avons pu consulter. Suite à un signalement, une enquête a été menée par l’inspection générale de l’éducation qui mentionne du bizutage toute l’année. Le rapport évoque des étudiants qui rachètent des pins à coups de défis, comme «des boissons à boire avec des glaçons d’urine», ou pire encore, «des rapports oraux (fellations) avec les hommes des années supérieures». Le rapport conclut : «Au nom de la tradition, les pratiques de bizutage sont également apparues comme encore fortement implantées en médecine, malgré leur interdiction légale».
L’université a mis en place un plan de lutte contre le bizutage en fermant des associations et a exclu une dizaine d’étudiants le 2 avril dernier. L’enquête ouverte par la justice pour bizutage et atteinte sexuelle a été classée sans suite, faute de témoignages.
Mais est-ce un cas isolé ? Quelle est l’ampleur de ces pratiques ? Lors de notre enquête, une lanceuse d’alerte nous a fait parvenir des vidéos postées sur des réseaux sociaux privés d’étudiants en médecine. Cette fois-ci, à Marseille. Encore les mêmes défis. Parfois en plein jour, comme manger un poisson cru. Mais aussi, dans des soirées plus privées, comme en décembre dernier, une simulation de prise d’otage avec des armes factices. Peu après, les mains liées, les étudiants semblent contraints à boire. Autre défi qui paraît récurrent, mimer des positions à connotation sexuelle. Et parfois, cela semble mal tourner. Une jeune fille est maintenue la tête sous l’eau. Une autre a l’air mal en point.
Des vidéos que nous avons montrées au comité contre le bizutage. «C’est inacceptable. Le voir maintenant, 25 ans après le vote de la loi, c’est quand même… Même s’ils sont d’accord, parce que la loi sur le bizutage est très claire. Elle dit contre son gré ou non. À partir du moment où l’université a connaissance de cas de bizutage, elle a le devoir de saisir le procureur», souligne Marie-France Henry, présidente du Comité national contre le bizutage. Le comité a alerté le ministère de l’Enseignement supérieur, qui n’a pas souhaité nous répondre. Contactée, l’université de Marseille affirme condamner toute forme de violence et faire le nécessaire en cas de signalement.
Le bizutage est une pratique qui persiste dans les universités françaises malgré son interdiction par la loi depuis 1998. Cette tradition est particulièrement répandue en médecine, où des étudiants sont soumis à des rituels humiliants et parfois dangereux. France Télévisions a recueilli des témoignages choquants de soirées de bizutage, mettant en lumière des pratiques abusives et dégradantes pour les étudiants.
Un étudiant témoigne de baptêmes extrêmes auxquels les nouveaux membres doivent se soumettre pour faire partie d’une confrérie en médecine. Ces rituels vont parfois trop loin, impliquant des humiliations publiques, de la nourriture pour animaux à avaler, et des situations de contrainte et de pression psychologique. Malgré l’interdiction légale du bizutage, ces pratiques perdurent, mettant en danger la santé mentale et physique des étudiants.
Un rapport sur l’Université de Tours en 2025 révèle que le bizutage est encore monnaie courante dans certaines facultés de médecine. Des défis extrêmes comme boire des boissons contenant de l’urine ou pratiquer des actes sexuels avec des étudiants plus âgés sont mentionnés. Malgré les efforts de l’université pour lutter contre le bizutage, ces pratiques demeurent enracinées, alimentées par une culture de tradition et de silence complice.
Des vidéos postées sur des réseaux sociaux privés montrent des étudiants en médecine à Marseille se livrant à des défis dangereux et dégradants. Des simulations de prises d’otage, des actes de violence et des situations humiliantes sont monnaie courante lors de ces soirées de bizutage. Le Comité national contre le bizutage condamne ces pratiques et souligne que toute forme de violence, même consentie, est inacceptable.
Les autorités universitaires et judiciaires sont appelées à agir contre le bizutage, en vertu de la loi qui prévoit des peines de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende pour les contrevenants. L’université de Marseille affirme condamner toute forme de violence et s’engage à agir en cas de signalement. Il est impératif de mettre fin à ces pratiques abusives et dangereuses pour garantir la sécurité et le bien-être des étudiants.
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While hazing has been illegal since 1998, it continues to be prevalent in universities, especially in medical schools. France Télévisions has gathered testimonies of events describing humiliating and sometimes dangerous practices for students.
This text corresponds to a part of the transcription of the above report. Click on the video to watch it in full.
Eating raw or animal food. Challenges that keep escalating where students are sometimes restrained. Despite being banned for 28 years, hazing still persists in medical schools, under the guise of tradition, students engage in rituals that can sometimes take a turn for the worse.
A student is part of a brotherhood. A group that is supposed to be festive. But to become a part of it, a baptism, which sometimes goes too far according to him, is necessary in health courses. He managed to get a few photos. «It’s a baptism that I found very shocking. There was one who was lined up with flour in front of her and she had to take flour lines. They had placed cardboard boxes on the ground with different foods that they threw. Dog food that they had to eat while striking sexy poses. What we see in the last photo is a person in tears after a test where she ended up buried, with people coming to throw a few sips of beer, come to urinate, come to vomit. When you’re drunk and surrounded by forty people who are forcing us, inciting us, laughing, we are not consenting», he testifies.
Exceptionally, a female student agreed to talk to us about her baptism. Belonging to this group of students was very important to her. She recounts the mandatory passage she underwent. «We just want to make new friends. When we arrive, in my case, I had a garbage bag over my head. We are made to kneel, we can be shouted at to drink. During the small activities we are made to do, the people watching us spit on us. There is really an atmosphere set up to create a form of humiliation. We think that if we report it, it can backfire on us», she says.
These banned traditions are still rooted in some medical faculties. This is what a report on the University of Tours in 2025 that we were able to consult reveals. Following a report, an investigation was conducted by the general inspectorate of education, which mentions hazing throughout the year. The report mentions students buying pins through challenges, such as «drinks to be consumed with urine ice cubes», or even worse, «oral reports (fellatio) with senior students». The report concludes: «In the name of tradition, hazing practices also appeared to be still deeply rooted in medicine, despite their legal prohibition».
The university has implemented an anti-hazing plan by closing associations and expelling ten students on April 2. The investigation opened by the justice system for hazing and sexual assault was closed without further action due to lack of testimonies.
But is this an isolated case? What is the extent of these practices? During our investigation, a whistleblower sent us videos posted on private social networks of medical students. This time, in Marseille. The same challenges again. Sometimes in broad daylight, like eating raw fish. But also, in more private gatherings, like last December, a simulation of a hostage situation with fake weapons. Shortly after, with hands tied, students seem compelled to drink. Another recurring challenge is to mimic sexually suggestive positions. And sometimes, things seem to go wrong. A girl is held underwater. Another looks unwell.
We showed these videos to the anti-hazing committee. «It’s unacceptable. Seeing it now, 25 years after the law was passed, it’s still… Even if they agree, because the hazing law is very clear. It says against their will or not. Once the university is aware of hazing cases, it has a duty to inform the prosecutor», emphasizes Marie-France Henry, president of the National Anti-Hazing Committee. The committee alerted the Ministry of Higher Education, which declined to respond to us. Contacted, the University of Marseille asserts its condemnation of any form of violence and takes action in case of reports. In France, hazing is punishable by six months in prison and a fine of 7,500 euros.
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