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Le convoi est en route dans le sud du Liban, mais les opérations peuvent s’interrompre ou être modifiées à tout moment. «On devait aller dans un village mais on a annulé ce matin parce qu’il a été durement frappé hier», explique Mahdi Jaafar, coordinateur de terrain pour l’ONG Solidarités International. Ce ne sont donc plus quatre mais trois villages qu’il faut ravitailler, en limitant les risques sur place. Dans ces localités, les habitants vivent depuis des semaines au rythme des frappes israéliennes et des alertes. Ils subissent aussi des pénuries. Des organisations humanitaires tentent alors de maintenir des convois d’aide, malgré les risques.
«On ne veut pas que les habitants se mettent en danger», explique Mahdi Jaafar, «alors on dépose tout et ensuite la mairie organise la distribution». Le camion transporte des couvertures mais aussi de la nourriture comme du riz, des lentilles ou de l’huile. Le déchargement ne doit pas durer plus de quinze minutes.
Morkada, un habitant, est venu aider à décharger les cartons. «On manque de nourriture, de médicaments», décrit-il. «Il n’y a plus de travail. Tout a augmenté parce que le prix de l’essence a augmenté. La qualité de vie s’est complètement dégradée», assure le Libanais.
Le convoi repart. «On conduit depuis une quinzaine de minutes et il n’y a personne dans la rue, tout est fermé», déplore Mahdi Jaafar. Le camion ravitaille ensuite un deuxième village. Il décharge vite dans la salle de prière. Ali, employé municipal, raconte la peur permanente : «il y a peu de temps, on entendait des drones, des avions de chasse, de l’artillerie. Il y a des frappes continuellement, dans les villages à côté, il y a beaucoup de massacres».
Ala, membre de l’ONG, connaît chaque rue de son village. «Revenir dans un village fantôme où il n’y a plus mes parents, la même vie qu’avant, c’est un peu triste, déplore-t-il. Les gens sont partis dès le premier jour de la guerre. Ils sont traumatisés mais au moins ils sont dans un endroit plus sûr.»
A Khartoum, dernière étape de l’opération, le décor est le même : routes vides, maisons fermées, quelques chiens errants. Mustapha fait partie des rares habitants à être restés. «On ne va pas partir d’ici, on résiste, on a grandi et on a vécu ici. Même si ça empire, on reste», assure-t-il. Il explique d’ailleurs ne pas savoir où il pourrait aller.
Pour le moment, les convois d’aide arrivent encore, mais l’ONG s’inquiète de ne plus avoir suffisamment de nourriture pour continuer ses convois.
L’ONG Solidarités international ravitaille les villages ciblés du sud du Liban, malgré les risques. Reportage de Farida Nouar et Gilles Gallinaro














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