Suspension d’un an pour le joueur de football accusé d’avoir tué Ilann, 15 ans

Sept mois après le décès d’Ilann, un jeune joueur de 15 ans, sur un terrain de football en Gironde, la ligue de Nouvelle-Aquitaine a annoncé la suspension d’un joueur, accusé d’avoir porté un coup fatal. Pour les parents d’Ilann, c’est la première victoire d’une bataille qui s’annonce encore longue.

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Depuis sept mois, la souffrance s’est invitée dans la vie de Sébastien et Virginie Vermis, les parents d’Ilann. “On pleure tous les jours, le soir quand on va au lit, le matin quand la réalité revient. Quand on craque, on se dit qu’on n’a plus rien à faire ici”, souffle le père d’Ilann qui avoue ressentir aussi “de la colère”. “Tout a été fait pour que notre fils succombe à ses blessures.”

Originaire de Lerm-et-Musset, scolarisé à Bazas, Ilann avait rejoint le club de foot La Jeunesse Villenavaise en décembre 2024. Il évoluait au poste de défenseur.

© Club de Villenave-d’Ornon

Ce jeune joueur de 15 ans a perdu la vie, le 1ᵉʳ juin 2025, lors d’un match de la SAM Elite 2025, un tournoi de football, qui opposait la Jeunesse Villenavaise, le club d’Ilann, au Stade Bordelais. Quatre minutes après le coup d’envoi de la rencontre qui se tenait au stade du Jard, à Mérignac, le jeune footballeur est violemment percuté par un autre joueur qui effectue un saut “les genoux repliés”. Le choc va déchirer son foie ainsi que sa veine cave. Ilann décède trois jours plus tard, à l’hôpital Pellegrin, d’une hémorragie interne.

On a encore beaucoup de choses à mener pour que la vérité éclate. Notre fils est mort, on ne va pas se taire parce que des gens se couvrent.

Sébastien Vermis

Père d’Ilann

Les parents du jeune garçon décident alors de porter plainte contre le joueur, mais aussi contre les secours qui seraient, selon eux, coupables d’une mauvaise prise en charge d’Ilann. Contre le joueur, le parquet de Bordeaux a classé l’affaire sans suite, l’enquête préliminaire pour homicide involontaire n’ayant pas permis de déterminer le caractère volontaire du coup porté à Ilann. “Il faut se battre, mais se dire que dans un an ou deux, on sera encore dans cet état, c’est impossible, c’est trop douloureux”, souffle Sébastien Vermis.

Ce 4 janvier, la Ligue a cependant annoncé suspendre le joueur auteur du geste mortel durant un an, «à compter du 29 décembre 2025» après plusieurs mois d’enquête et d’auditions des différentes parties du dossier confié à la commission régionale de discipline de la Ligue de football de Nouvelle-Aquitaine.

En parallèle, le club de Mérignac écope d’une amende de 300 euros pour avoir organisé «un tournoi amical sans autorisation préalable de la ligue».

Sept mois après le décès d’Ilann, un jeune joueur de 15 ans, sur un terrain de football en Gironde, la ligue de Nouvelle-Aquitaine a annoncé la suspension d’un joueur, accusé d’avoir porté un coup fatal.

Le courage dont ont fait preuve François Grenet, Eric Lestrade et Sébastien Martin en ouvrant cette enquête malgré les risques encourus pour la ligue est salué par Sébastien Vermis, le père d’Ilann. Il exprime sa gratitude envers eux pour avoir pris en charge un dossier aussi grave et inédit.

La sanction, bien que non prévue dans les règlements puisque la mort d’un joueur n’est pas mentionnée, constitue une première victoire pour les parents d’Ilann. Toutefois, ces derniers regrettent qu’elle ne soit pas plus sévère. Sébastien Vermis confie que malgré ses circonstances, un an est une peine légère. Néanmoins, le joueur suspendu ne pourra participer à aucun match, qu’il soit amical, de coupe ou de championnat.

Ilann, 15 ans, est décédé sur un terrain de football alors qu’il disputait un match amical.

© France 3 Aquitaine / S. Tuscq-Mounet

La décision de la ligue s’appuie également sur les analyses détaillées d’experts, qui ont examiné les images pas à pas. Selon Sébastien Vermis, ces analyses confirment que le geste était intentionnel, surtout dans une zone aussi fréquentée que la surface de réparation. Il compare l’acte à un homicide routier, soulignant que les risques étaient connus.

C’est comme un homicide routier. Même si vous ne vouliez pas tuer, si vous roulez à 130 sur une route à 50, vous connaissez les risques que vous faites subir aux autres.

Sébastien Vermis

Père d’Ilann

Les parents d’Ilann voient en cette sanction une reconnaissance de leur combat. Elle réfute les arguments minimisant l’incident comme un simple fait de jeu.

Le couple a créé l’association “Un Brassard pour Ilann” pour lutter contre la violence dans le sport. Cela a commencé avec les amis d’Ilann portant un brassard avec “IV4” en son honneur. Depuis, plus de 1 200 brassards ont été distribués en France et à l’étranger.

On a décidé malgré la souffrance de se battre et de protéger les autres enfants, pour qu’aucun autre parent ne souffre comme on souffre.

Sébastien Vermis

Père d’Ilann

L’association a mis en place des programmes de sensibilisation pour les clubs sportifs, visant à prévenir la violence. Elle vise à instaurer des règles et des sensibilisations pour éviter tout autre drame similaire.

L’objectif est de créer des postes de “Capitaine de Vie” dans les clubs pour récompenser les joueurs respectueux et promouvoir les valeurs sportives authentiques.

En dialogue avec la ligue et la Fédération Française de Football, Sébastien Vermis envisage de créer un label “IV4” pour les clubs ambassadeurs. Ce label vise à rassurer les parents inquiets de la violence dans le sport et à promouvoir un environnement sûr et respectueux.

Les parents d’Ilann s’engagent à éloigner les individus violents des terrains et à restaurer les vraies valeurs du sport.

Les parents d’Ilann voient dans cette première victoire le début d’une longue bataille à venir. François Grenet, Eric Lestrade, and Sébastien Martin are thanked for their dedication to this case, as no one had previously addressed such a serious issue,» assures Sébastien Vermis, Ilann’s father. While the sanction, «which does not exist in the regulations,» as the death of a player is not part of the texts, represents a first victory for Ilann’s parents, they regret that it was not harsher. «One year is very little, given the circumstances,» confides Sébastien Vermis. «But the sanction remains severe. He will not be allowed to play any matches, friendly, cup, or championship.»

To make their decision, the league also relied on the analyses of experts «image by image.» «They looked at the supports, the postures, and what emerges is that the gesture is intentional,» stresses Sébastien Vermis. «Especially in the 18-meter zone, we know that it is crowded. Such a dangerous gesture should not be made.»

«It’s like a road homicide. Even if you didn’t intend to kill, if you drive at 130 on a 50 road, you know the risks you are subjecting others to,» says Sébastien Vermis, Ilann’s father. For Ilann’s parents, this sanction also represents the first recognition of their struggle. «It silences many people who told us that it was just a game incident that we could see every weekend,» illustrates Ilann’s father.

The couple also hopes that this decision could lead to a new legal step. «Today, we are a little more armed, with all these professional analyses, so we hope that it will change at the judicial level,» confides Sébastien Vermis.

Far from withdrawing into themselves, the parents of the young player have also created an association «Un Brassard pour Ilann» to fight against violence in sports. «It started with his friends wearing a wristband where they wrote IV4 (Ilann Vermis and the number 4 of his jersey) to play for him.» The parents then decided to have armbands made in tribute to their son. They have since distributed over 1,200 of them, throughout France and abroad.

«We decided, despite the suffering, to fight and protect other children, so that no other parent suffers as we do,» says Sébastien Vermis, Ilann’s father. Within the association, which now has around sixty members, as well as thirty donors from the economic and private sector, programs aimed at all kinds of sports clubs have also been established. «These are awareness programs with measures to avoid violence,» explains Sébastien Vermis. «Once the clubs are informed, they can go further and become ambassadors.»

The objective is to create within the clubs positions of «life captain» that reward the most respectful players, as well as to establish rules and awareness to «prevent a tragedy like the one we are experiencing from happening again.»

To label the approach, Sébastien Vermis is in discussion with the league and the French Football Federation to create an «IV4» label that ambassador clubs can display. «There are many parents who are terrified of putting their children in sports because of this violence. With this label, they can trust the club and it can become a criterion of choice.» A fight that the parents want to lead to «keep violent people away from the fields» and to regain «the true values of sports.» Les parents d’Ilann considèrent que c’est la première étape d’une longue bataille. Nous exprimons notre gratitude envers François Grenet, Eric Lestrade et Sébastien Martin pour avoir pris en charge ce dossier de manière proactive, car personne n’avait encore traité un dossier aussi grave», assure Sébastien Vermis, le père d’Ilann. Si la sanction, «qui n’existe pas dans les règlements», la mort d’un joueur n’étant pas prévue dans les textes, représente une première victoire pour les parents d’Ilann, ces derniers regrettent qu’elle n’ait pas été plus sévère. «C’est très peu un an, au vu des circonstances, confie Sébastien Vermis. Mais la sanction reste lourde. Il n’aura le droit de disputer aucun match, ni amical, ni de coupe, ni de championnat.»

Pour prendre sa décision, la ligue s’est également appuyée sur les analyses d’experts «image par image». «Ils ont regardé les appuis, les postures et ce qui ressort, c’est que le geste est volontaire, martèle Sébastien Vermis. Surtout que dans la zone des 18 mètres, on sait qu’il y a du monde. On n’engage pas un geste aussi dangereux.»

«C’est comme un homicide routier. Même si vous ne vouliez pas tuer, si vous roulez à 130 sur une route à 50, vous connaissez les risques que vous faites subir aux autres.» – Sébastien Vermis, Père d’Ilann.

Pour les parents d’Ilann, cette sanction représente également la première reconnaissance de leur combat. «Elle fait taire beaucoup de personnes qui nous disaient que ce n’était qu’un fait de jeu qu’on pouvait voir tous les week-ends», illustre le père d’Ilann. Le couple espère aussi que cette décision pourrait mener à une nouvelle étape judiciaire. «Aujourd’hui, on est un peu plus armés, avec toutes ces analyses professionnelles, donc on espère que cela va changer au niveau de la justice», confie Sébastien Vermis.

Loin d’un repli sur eux-mêmes, les parents du jeune joueur ont également créé une association «un brassard pour Ilann» pour lutter contre la violence dans le sport. «C’est parti de ses amis qui portaient un strap sur le poignet où ils écrivaient IV4 (Ilann Vermis et le n°4 de son maillot) pour jouer pour lui.» Les parents décident alors de faire fabriquer des brassards en hommage à leur fils. Ils en ont depuis distribué plus de 1 200, partout en France, mais aussi à l’étranger.

«On a décidé malgré la souffrance de se battre et de protéger les autres enfants, pour qu’aucun autre parent ne souffre comme on souffre.» – Sébastien Vermis, Père d’Ilann.

Au sein de l’association qui regroupe aujourd’hui une soixantaine de membres, ainsi qu’une trentaine de donateurs issus du monde économique et privé, des programmes destinés aux clubs de sports en tout genre ont été constitués. «Ce sont de programmes de sensibilisation avec des mesures pour éviter la violence, explique Sébastien Vermis. Une fois les clubs informés, ils pourront aller plus loin et devenir ambassadeur.»

L’objectif : créer au sein des clubs des postes de «capitaine de vie» qui récompensent les joueurs les plus respectueux, mais aussi instaurer des règles et des sensibilisations pour «éviter qu’un drame comme celui que l’on vit ne se reproduise».

Afin de labelliser la démarche, Sébastien Vermis est en discussion avec la ligue et la Fédération Française de Football afin de créer un label «IV4» que les clubs ambassadeurs pourront arborer. «Il y a beaucoup de parents qui sont terrorisés de mettre leurs enfants au sport à cause de cette violence. Avec ce label, ils pourront faire confiance au club et cela pourra devenir un critère de choix.» Un combat que les parents veulent mener pour «éloigner les personnes violentes des terrains» et retrouver «les vraies valeurs du sport».

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