«Nombreuses tentations», prévention, sensibilisation… Alors qu’une rixe survenue ce week-end entre exposants et visiteurs suscite la polémique, comment les exposants qui commercialisent vins, bières et spiritueux réagissent aux consommations excessives et aux «débordements» ?
Peu après midi au sein du pavillon des produits régionaux, au milieu des odeurs de fromage et de charcuterie, on peut voir de nombreux visiteurs lever le coude. «Je viens de goûter une petite liqueur«, explique Marie, un verre à la main. «Personne ne nous force à boire, je pense que c’est une question de responsabilité personnelle. Personnellement, je sais que je vais m’arrêter là«, assure-t-elle.
«Du champagne, du rhum… Il y a quand même de nombreuses tentations, l’alcool est partout. Moi, je n’en bois jamais. Quand les gens consomment trop, ils ne sont plus eux-mêmes«, juge Françoise, une autre visiteuse.
Au sein du pavillon des produits régionaux, on compte de nombreuses buvettes.
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© Pierre de Baudouin
Gilles, croisé un peu plus loin, déplore également les «excès«. «Certains se croient permis. Les abus coûtent cher à la société, il faut savoir s’arrêter quand il le faut«, commente-t-il.
«Des gens un peu désinhibés, euphoriques, on en croise de temps en temps. Mais avec le temps, j’ai le sentiment que l’alcool est moins présent. Il y a 40 ans, il y avait plus de dégustations«, nuance pour sa part Michel, qui en est à sa 20e édition. Philippe, qui l’accompagne, trouve aussi qu’»il y a plus de sensibilisation aujourd’hui, avec des messages affichés un peu partout«. «Restons modérés«, peut-on lire en entrant dans chaque hall.
Du côté des exposants, Alexis Madelin, fondateur d’une brasserie en Bourgogne, et par ailleurs vigneron, dit redoubler de vigilance «les journées où il y a plus d’affluence«. «On essaie de sensibiliser. Des gens de la sécurité tournent donc quand quelqu’un n’est pas du tout en état, il est conduit vers la sortie. Et ceux qui abusent, on les repère tout de suite, avec les problèmes d’élocution par exemple. «Nous pouvons facilement les gérer en leur proposant de l’eau», affirme-t-il.
Alors qu’une violente altercation a éclaté samedi entre des exposants et des visiteurs alcoolisés, selon les témoignages relayés par la presse, Alexis Madelin déplore un événement «dramatique». «Il y a eu des provocations et de l’alcool, c’est parti vraiment loin. C’est scandaleux, ça fait tâche pour tous les autres stands. Ce genre de polémique fait baisser la fréquentation, ça dessert l’image du salon», pointe-t-il du doigt, tandis qu’un communiqué des organisateurs a condamné «avec la plus grande fermeté» un «incident isolé».
«Certains visiteurs cherchent vraiment l’ivresse. D’autres ne font pas attention en passant un bon moment, et ça monte vite», raconte pour sa part Monica Monteiro, chargée d’œnotourisme à la Fruitière Vinicole d’Arbois, à la buvette du stand du Jura. «Le week-end, c’est un public plus jeune et moins familial, qui vient faire la fête. On gère ça comme on peut, on essaie d’éviter les débordements», explique-t-elle.
«Les comportements déplacés sont rares, mais quand on doit y faire face, il ne faut pas se laisser intimider. Je suis une jeune femme dans le domaine viticole, qui est un monde particulier, donc je sais m’affirmer. Il faut rester pro et ferme, en s’adaptant à la personne en face. Ceux qui ont juste mauvaise haleine, ceux qui sont carrément agressifs… On est là pour vendre, c’est sûr, mais on se réserve le droit d’arrêter de servir le client avant qu’il ne tombe sur le bar», ajoute-t-elle.
Monica Monteiro salue d’ailleurs la présence de «jeunes qui distribuent de l’eau gratuitement en passant dans les halls». Sur leur site, les organisateurs du salon mettent en avant ces équipes de «désoiffeurs» ainsi que d’autres démarches de prévention.
Loin des bars et des restaurants, le stand des Cidres de France, situé dans un autre hall, propose des dégustations. «D’après Laurent Guillet, directeur commercial de la cidrerie Kerisac en Bretagne et président du Syndicat national des transformateurs cidricoles (SNTC), ces petits verres sont destinés à faire découvrir les arômes de manière raisonnable et conviviale. Le Salon de l’agriculture est un événement festif mettant en avant les produits régionaux, parfois de l’alcool. Cependant, comme pour toute grande manifestation, certains individus peuvent aller trop loin. Ce sont les comportements extrêmes qui posent problème.» Please rewrite this sentence. Please rewrite this sentence. Can you please rewrite this passage for me?
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