On Saturday, February 7, the two children of the late prefect Érignac, who was assassinated on February 6, 1998 in Ajaccio, spoke for the first time on the set of «C à vous» on France 5. Twenty-eight years after their father’s death, they share an intimate testimony about one of the most significant political and judicial affairs of recent decades.
«The Érignac case overshadowed the family we were.»
On February 6, 1998, for the first time in France, a prefect was assassinated. Claude Érignac was targeted in the heart of Ajaccio as he was heading to the theater.
That day, the lives of his two children, Christophine and Charles-Antoine, changed forever. «An enormous, indescribable shock» that they have now, for the first time, discussed on a television show, twenty-eight years after the tragic events.
Invited by France 5 on the show «C à Vous» this Saturday, they wanted to testify about the personal tragedy behind the nationally resonant case.
This was an opportunity for them to reflect on Claude Érignac’s dedication to serving the State.
«Our father had wanted to be a prefect since the age of 12, following in the footsteps of his own father,» revealed Christophine Érignac. «He lived this role fully and completely, public service was essential to him, the State, the values of the Republic, the integrity of the Republic.»
Claude Erignac, en 1998, dans son bureau à la préfecture d’Ajaccio.
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© P.A. FOURNIL / MAXPPP
The daughter of the assassinated prefect also discussed the circumstances of Claude Érignac’s appointment in the island in January 1996. A position he reluctantly accepted.
«He was the prefect of Yvelines when he was appointed prefect of Corsica, and honestly, it wasn’t necessarily his first choice. I remember very well him saying: ‘This won’t be easy’. But at the same time, for him, there was no question, it was a challenge. Because he was a man of challenges, but also of dialogue, and that’s why he was sent to Corsica at that time.»
This appointment came at a particular time, shortly after the clandestine press conference in Tralonca, where a truce was announced by the FLNC. Yet, a week after his arrival, the new prefect’s assessment was grim: «The balance is simple: two deaths, two murders in three days, and yet, it seems that the truce with the State is confirmed,» he wrote in a letter.
«When I went to Corsica for the first time, in Ajaccio, at my parents’ house, a man was shot dead the first night I was there. There was a settling of scores, right outside the prefecture. That set the scene,» confirmed Charles-Antoine Érignac on the set of «C à Vous».
In this context, did the State representative feel threatened? «Not at all.»
Christophine Érignac a déclaré: «Il a vécu en Corse comme il a vécu dans tous les autres départements». Son frère a souligné: «Il se baladait dans la rue, avec ma mère, avec nous, nous avions une vie normale».
L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a également été interviewé dans le cadre de cette même émission. Ministre de l’Intérieur au moment de l’arrestation d’Yvan Colonna en 2003, il a reconnu une «maladresse» dans sa communication de l’époque, alors très décriée pour avoir ignoré la présomption d’innocence.
Nicolas Sarkozy a expliqué: «Quinze jours avant l’arrestation de l’assassin du préfet Érignac, nous avons un renseignement, nous mettons une équipe autour d’une bergerie, on n’est pas sûrs que le berger qui s’y trouve soit Yvan Colonna, on attend, puis on décide d’intervenir. J’ai dit : “On a arrêté l’assassin”. J’aurais dû dire “l’assassin présumé”. Depuis, il a été dénoncé par les membres du commando, la téléphonie a montré qu’il s’agissait bien de lui, et deux cours d’assises l’ont condamné.»
Les enfants de Claude Érignac affirment être convaincus de la culpabilité d’Yvan Colonna et des autres membres du commando. Ils ont décrit le long processus judiciaire comme une épreuve supplémentaire.
Ils ont déclaré: «Nous avons affronté cinq longs procès aux Assises, des rebondissements. C’est une affaire assez hors normes tant par le symbole qui a été touché que par sa durée et ses conséquences pour nous.» Ils ont également souligné des zones d’ombre que la justice n’a pas réussi à élucider.
Selon Charles-Antoine Érignac: «Il reste un gros point d’interrogation judiciaire, on ne sait pas qui sont les commanditaires de cet assassinat. Vraisemblablement, on ne le saura jamais.» Vingt-huit ans après le décès de leur père, les enfants d’un préfet assassiné livrent un témoignage intime sur l’une des affaires politico-judiciaires les plus marquantes des dernières décennies. Lors de l’arrestation d’Yvan Colonna en 2003, le Ministre de l’Intérieur de l’époque a reconnu une «maladresse» dans sa communication, critiquée pour avoir ignoré la présomption d’innocence.
«Quinze jours avant l’arrestation de l’assassin du préfet Érignac, nous avons un renseignement, nous mettons une équipe autour d’une bergerie, on n’est pas sûrs que le berger qui s’y trouve soit Yvan Colonna, on attend, puis on décide d’intervenir. Je suis à l’époque à Carpentras, j’ai 3 000 ou 4000 personnes qui m’attendent, j’arriverai avec plus d’une heure de retard et ma phrase était maladroite, puisque je dis : “On a arrêté l’assassin”. J’aurais dû dire “l’assassin présumé”. Depuis, il a été dénoncé par les membres du commando, la téléphonie a montré qu’il s’agissait bien de lui, et deux cours d’assises l’ont condamné.»
Si Yvan Colonna – décédé suite à une agression mortelle le 2 mars 2022 à la prison d’Arles – a toujours clamé son innocence, les enfants de Claude Érignac se disent pour leur part «convaincus de [sa] culpabilité comme de celle des autres membres du commando».
Le frère et la sœur sont également revenus sur le long processus judiciaire, vécu comme une «épreuve» supplémentaire.
«Nous avons affronté cinq longs procès aux Assises, des rebondissements. C’est une affaire assez hors normes tant par le symbole qui a été touché que par sa durée et ses conséquences pour nous», a indiqué Charles-Antoine Érignac.
Des procès qui auront permis aux enfants Érignac de se forger une conviction concernant le déroulé des faits. «Ça a été un vrai piège, nos parents sortaient ce soir-là pour aller à un concert ; ils avaient une vie très normale en Corse : ils allaient au musée, à la plage… Il y avait deux personnes postées devant la préfecture pour indiquer le top départ, et celui qui a tiré l’a fait dans le dos de notre père, à bout portant. Ça a été très organisé et très violent, et on retient de ces procès d’énormes tentatives de justifier l’injustifiable, ils n’ont jamais assumé leur acte.»
Reste cependant, selon eux, des zones d’ombre que la justice n’aura pas permis d’élucider. «Il reste un gros point d’interrogation judiciaire, on ne sait pas qui sont les commanditaires de cet assassinat. Vraisemblablement, on ne le saura jamais», a estimé Charles-Antoine Érignac.
Ce samedi 7 février, les deux enfants du préfet Érignac, assassiné le 6 février 1998 à Ajaccio, ont pris la parole pour la première fois sur le plateau de «C à vous», sur France 5. Vingt-huit ans après la mort de leur père, Christophine et Charles-Antoine livrent un témoignage intime sur l’une des affaires politico-judiciaires les plus marquantes des dernières décennies, l’assassinat du préfet Claude Érignac en 1998.
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