La cour d’appel de Paris a infirmé le non-lieu prononcé en 2025 par deux juges d’instruction en faveur de l’ancienne Première dame du Rwanda.
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L’instruction a déjà duré 19 ans, et elle devra se poursuivre. La justice française a infirmé mercredi 6 mai le non-lieu prononcé en 2025 et demandé la poursuite des investigations sur l’éventuelle implication d’Agathe Habyarimana dans le génocide de 1994 au Rwanda. Une décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris qui répond au souhait du Parquet national antiterroriste (Pnat), compétent pour les crimes contre l’humanité, et les parties civiles.
Agée de 83 ans, Agathe Habyarimana est la veuve du président hutu Juvénal Habyarimana dont l’assassinat le 6 avril 1994 a déclenché les massacres contre la minorité tutsi. D’avril à juillet 1994, le génocide a fait, selon l’ONU, 800 000 morts, Tutsi ou Hutu modérés, tués par les Forces armées rwandaises et les milices extrémistes hutu Interahamwe.
L’ancienne Première dame est visée depuis 2007 en France par une information judiciaire pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).
L’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Patrick Baudouin, a accueilli la décision avec «une grande satisfaction». «C’est réellement une victoire pour la vérité, pour la justice et contre une impunité qui prévalait depuis des années». «Le déroulement de l’instruction s’est heurté à de nombreux obstacles. Chacun sait qu’en réalité les considérations politiques ont été omniprésentes», a-t-il insisté.
Le non-lieu décidé par les deux juges d’instruction parisiennes, qui ont présenté Agathe Habyarimana comme «une victime», était «une décision incompréhensible, injustifiée et qui fort heureusement vient d’être infirmée», a estimé Patrick Baudouin, en se réjouissant «pour les victimes». Agathe Habyarimana était «au cœur de la préparation du plan génocidaire», a-t-il insisté. «Elle faisait partie de ce qu’on appelait l’Akazu», un «organe plus ou moins clandestin qui comprenait les proches du pouvoir».
Autre son de cloche pour Philippe Meilhac, avocat d’Agathe Habyarimana, qui dénonce un dossier «vide». «On cherche à ce que cette procédure s’enlise encore un peu plus. Et puis, je le dis très clairement, cela pourrait arranger, je pense, quelque part, beaucoup de monde, que ce soit à Kigali ou à Paris, qu’elle décède, en tant que témoin assisté», a-t-il encore cinglé. «C’est un jour sombre pour la justice française».
Placée depuis 2016 sous le statut de témoin assisté, Mme Habyarimana n’a jamais été mise en examen par les juges d’instruction, contrairement à ce que demandait le Pnat. Selon les quatre associations parties civiles, elle était une des dirigeants de l'»Akazu» – le premier cercle du pouvoir hutu qui aurait orchestré le génocide.
Par conséquent, les enquêtes vont se poursuivre. Par conséquent, les enquêtes vont se poursuivre.
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