Donald Trump, influencé par les chrétiens nationalistes – franceinfo Donald Trump, un président influencé par les chrétiens nationalistes ?


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en français. La récente mise en scène d’une prière autour du chef d’État dans le bureau ovale, le 5 mars dernier, a interpellé. Par ailleurs, dans son entourage, plusieurs personnalités interrogent. Quel rôle les chrétiens nationalistes tiennent-ils aujourd’hui au sein du pouvoir américain ?

La récente mise en scène d’une prière autour du chef d’État dans le bureau ovale, le 5 mars dernier, a interpellé. Par ailleurs, dans son entourage, plusieurs personnalités interrogent. Quel rôle les chrétiens nationalistes tiennent-ils aujourd’hui au sein du pouvoir américain ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


En pleine guerre avec l’Iran, la mise en scène a été savamment travaillée et largement diffusée : un Donald Trump, béni et adoubé par une armée de pasteurs évangéliques, des chrétiens nationalistes, tous favorables au conflit. «Seigneur, nous vous prions de continuer à donner au président Trump la force dont il a besoin pour guider notre grand pays», déclaraient-ils ce 5 mars.

Donald Trump est le premier président américain à organiser des prières dans le bureau ovale. Depuis un an, les chrétiens nationalistes murmurent à l’oreille du président. Ils se voient comme des soldats de Dieu à la reconquête idéologique de l’Amérique. Et au premier rang, Travis Johnson, pasteur évangélique à la Pathway Church, l’un des plus influents. «À ce moment-là, je prie pour qu’il soit fort, courageux. Trump a été institué par Dieu, et Dieu l’utilise comme son instrument. Il y a des milliers de pasteurs qui sont venus à la Maison-Blanche cette année. On parle avec Trump. C’est le président le plus ouvert aux gens de foi que je n’aie jamais vu», raconte-t-il à France Télévisions.

Le message qu’ils lui font passer ? Celui que Travis Johnson martèle pendant tous ses prêches : «On n’est pas là pour faire des vaguelettes. On est là pour prendre le pouvoir.» Ces religieux sont infiltrés au plus haut sommet de l’État. Ils ont fait passer des lois anti-transgenres ou anti-avortement, mais sont aussi envoyés en délégation diplomatique officielle, comme au Congo. Ils rencontrent Volodymyr Zelensky, et sont des soutiens indéfectibles d’Israël.

Travis Johnson était justement à Mar-a-Lago (Floride, États-Unis) fin décembre, quand Benyamin Netanyahou venait exposer à Donald Trump son plan d’attaquer l’Iran. «Notre rôle n’est pas juste spirituel, mais géopolitique. Et Israël est le seul rempart contre l’extrémisme islamique», estime Travis Johnson.

L’un des premiers décrets de Donald Trump a été d’instaurer un bureau de la foi à la Maison-Blanche, dirigé par une de ses proches, la pasteure évangélique Paula White-Cane. «J’ai tous les droits et l’autorité pour déclarer la Maison-Blanche comme une terre sainte», se targue-t-elle. La télévangéliste a fait fortune en vendant des bénédictions, et vend aussi Donald Trump comme sauveur de l’Amérique, une figure quasi messianique. «Dire non à Donald Trump, c’est dire non à Dieu», assure-t-elle.

Qu’importe que Donald Trump ne soit pas un chrétien pratiquant : cette rhétorique est désormais utilisée par l’administration pour justifier sa politique et sa guerre. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est un chrétien nationaliste convaincu. En témoignent ses tatouages : une croix des croisades et sur son bras l’inscription «Dieu le veut», à côté d’armes. En conférence de presse sur l’Iran, il cite des versets de la Bible : «Béni soit le Seigneur, mon rocher qui exerce mes mains au combat, mes doigts à la bataille.»

Certains cadres du gouvernement, comme la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, se laissent volontiers filmer en train de prier avant de parler aux journalistes. Et cela va dans les deux sens : les chrétiens nationalistes utilisent Trump pour pousser leur agenda, et Trump pour promouvoir sa politique et asseoir son électorat.

Dans le Tennessee (États-Unis), on ne cache pas ses opinions. Direction l’église patriote, à l’heure de l’office du dimanche. Et pendant sa prédication, le pasteur, Ken Peters, passe en revue l’actualité avec la même verve que son champion. «Je veux un vrai leader. Vas-y, attrape ce mec au Venezuela. C’était une opération risquée mais brillante», harangue-t-il. Puis commente : «Ici, on soutient des candidats. On dit ‘vas-y, vote pour ce mec-là’. On se bat pour lui. C’est un combat pour le christianisme, pour les valeurs judéo-chrétiennes, surtout la morale chrétienne. Il y a vraiment un bénéfice mutuel entre les évangéliques et le président Trump.»

Ces pasteurs évangéliques ont réussi à rassembler derrière eux près de 30% des votants américains. C’est la base, la plus solide de l’électorat de Trump, selon les spécialistes. «Trump sait que ce sont ses électeurs les plus dévoués. Ce sont des gens qui le soutiendront, quoi que Trump fasse. Il peut instiguer un coup d’État, il peut aller envahir un autre pays, ils continueront à le soutenir», analyse Matthew D. Taylor, chercheur associé à l’université de Georgetown (États-Unis).

«Dans les prochains mois, les chrétiens nationalistes risquent d’être encore plus présents à la Maison-Blanche car Donald Trump compte sur eux pour faire campagne, l’aider à gagner les midterms, les élections de mi-mandat en novembre prochain qui vont être cruciales«, conclut Diane Schlienger, de France Télévisions Washington.


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The recent staging of a prayer around the head of state in the Oval Office on March 5th raised questions. Furthermore, several personalities in his entourage are being scrutinized. What role do nationalist Christians play in American politics today?

This text corresponds to a part of the transcription of the above report. Click on the video to watch it in full.


In the midst of the Iran conflict, the carefully orchestrated scene was widely disseminated: Donald Trump, blessed and endorsed by an army of evangelical pastors, nationalist Christians, all in favor of the conflict. «Lord, we pray that you continue to give President Trump the strength he needs to lead our great country,» they declared on March 5th.

Donald Trump is the first U.S. president to hold prayers in the Oval Office. For the past year, nationalist Christians have been whispering in the president’s ear. They see themselves as God’s soldiers reclaiming America ideologically. At the forefront is Travis Johnson, an evangelical pastor at Pathway Church, one of the most influential. «At that moment, I pray for him to be strong, courageous. Trump was instituted by God, and God uses him as his instrument. Thousands of pastors have visited the White House this year. We talk with Trump. He is the most open president to people of faith I have ever seen,» he tells France Télévisions.

The message they convey? The one Travis Johnson emphasizes during all his sermons: «We are not here to make waves. We are here to seize power.» These religious figures are deeply embedded at the highest levels of government. They have passed anti-transgender or anti-abortion laws, but they are also sent on official diplomatic missions, such as to Congo. They meet with Volodymyr Zelensky and are unwavering supporters of Israel.

Travis Johnson was at Mar-a-Lago (Florida, USA) in late December when Benyamin Netanyahu came to Donald Trump to present his plan to attack Iran. «Our role is not just spiritual, but geopolitical. And Israel is the only bulwark against Islamic extremism,» Travis Johnson believes.

One of Donald Trump’s first decrees was to establish a faith office at the White House, led by one of his close associates, evangelical pastor Paula White-Cane. «I have all the rights and authority to declare the White House as holy ground,» she boasts. The televangelist has made a fortune selling blessings and also sells Donald Trump as the savior of America, an almost messianic figure. «To say no to Donald Trump is to say no to God,» she asserts.

Regardless of whether Donald Trump is a practicing Christian, this rhetoric is now used by the administration to justify its policies and wars. Secretary of Defense Pete Hegseth is a staunch nationalist Christian. This is evident from his tattoos: a crusader cross and on his arm the inscription «God wills it,» alongside weapons. During a press conference on Iran, he quotes Bible verses: «Blessed be the Lord, my rock, who trains my hands for war, my fingers for battle,» he says.

Some government officials, like White House spokesperson Karoline Leavitt, are willingly filmed praying before speaking to journalists. The relationship goes both ways: nationalist Christians use Trump to push their agenda, and Trump uses them to promote his policies and secure his voter base.

In Tennessee (USA), opinions are not hidden. Let’s head to the patriot church during Sunday service. During his sermon, Pastor Ken Peters reviews current events with the same fervor as his champion. «I want a true leader. Go ahead, grab that guy in Venezuela. It was a risky but brilliant operation,» he exhorts. Then he comments: «Here, we support candidates. We say ‘go ahead, vote for this guy.’ We fight for him. It’s a battle for Christianity, for Judeo-Christian values, especially Christian morality. There is really a mutual benefit between evangelicals and President Trump,» he remarks.

These evangelical pastors have managed to gather nearly 30% of American voters behind them. According to experts, this is the most solid base of Trump’s electorate. «Trump knows that these are his most devoted voters. These are people who will support him no matter what he does. He can instigate a coup d’état, he can invade another country, they will continue to support him,» analyzes Matthew D. Taylor, a research associate at Georgetown University (USA).

«In the coming months, nationalist Christians are likely to be even more present at the White House because Donald Trump is counting on them to campaign, help him win the midterms, the midterm elections in November next year which will be crucial,» concludes Diane Schlienger of France Télévisions Washington.

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