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C’est une lutte au long cours que mènent depuis des années les services antiterroristes européens : la lutte contre la menace du terrorisme islamiste. La France est particulièrement visée. Comment notre pays s’est-il adapté pour faire face et détecter les profils à risque ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
À la frontière avec l’Italie, des personnes sont interpellées chaque jour. Comme un homme, arrêté dans un train. Il essayait de rentrer en France. Il est sans passeport. Pour ce migrant, direction le poste de la police aux frontières pour une vérification d’identité. D’autres individus subissent des entretiens poussés dans cette unité spéciale de la PAF. Une cellule unique en France. Trente enquêteurs formés par la sécurité intérieure se relaient sept jours sur sept pour déceler les profils à risque.
Un homme est connu sous onze alias différents. Les équipes de France Télévisions ont pu, à titre exceptionnel, assister à son interrogatoire. «T’as pas de papiers. T’as pas d’argent sur toi Comment tu vas vivre ?», demande un agent. Réponse de l’homme : «Je cherche du boulot». L’enquêteur se fait plus précis. «On a vu avec tes empreintes que tu étais connu et notamment pour apologie du terrorisme et outrage et menace de mort agent de police.» Compte tenu du profil de l’Algérien, le patron de la PAF fait un signalement.
«L’objectif, c’est de se dire qu’il essaye de passer entre les mailles du filet et donc de le repérer et de le signaler. On ne veut passer à côté de personne. On va signaler les profils qui nous semblent à risque», indique Vincent Kasprzyk, chef du service de la police aux frontières de Menton (Alpes-Maritimes). L’individu est remis aux autorités italiennes, charge à elles de le renvoyer en Algérie. Sur les 3 000 migrants passés par la cellule enquête depuis sa création, 15 % ont été signalés au service de renseignement.
La menace du terrorisme islamiste vient aussi de l’intérieur, et les autorités surveillent de nombreux endroits, des lieux de culte et des commerces. Une vingtaine a été fermée par le préfet, notamment pour séparatisme. Le fondamentalisme religieux passe aussi par des librairies. Nous nous sommes rendus en caméra cachée dans plusieurs d’entre elles. Elles sont implantées au cœur de Nice. À première vue, on y trouve des livres religieux et des vêtements islamiques. Sur l’étagère, au milieu des livres, bien en vue, il y a «Les grands péchés». Voilà ce qui est écrit sur les relations homosexuelles : «Avez-vous des relations charnelles avec les hommes, délaissant les femmes créées pour vous par votre Seigneur ?» Quelques lignes plus loin : «Celui qui la pratique doit être jeté du plus haut bâtiment présent dans la contrée avant d’être lapidé.» Dans un autre chapitre, on relève des propos incitant au viol conjugal. Le préfet a saisi le procureur de la République de Nice. Une enquête est en cours pour provocation publique à la haine ou à la violence.
Dans une autre librairie, nous découvrons des livres pour enfants. Sans visage, pas de nez, pas d’œil. Une version radicale de l’islam qui interdit la représentation des êtres humains.
Dans les Alpes-Maritimes, les services de renseignement surveillent actuellement une quarantaine d’individus. Chaque semaine, leur cas est examiné dans une réunion d’ordinaire confidentielle où nous avons été exceptionnellement autorisés à filmer. Ce jour-là, un homme qui sort de prison. Autour du préfet, se trouvent les services de renseignement et la police judiciaire. Pour surveiller les individus inscrits aux fichiers des personnes radicalisées, ils disposent de nombreux moyens : écoute, filature, enquête. Chaque cas est passé au crible.
Pour agir, les préfets peuvent s’appuyer sur la loi séparatisme de 2021. «Ça peut être des mesures de surveillance, ça peut être des visites domiciliaires, ça peut être pour les étrangers la dégradation ou le retrait de leur titre de séjour, ça peut être aussi évidemment la judiciarisation», détaille Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes.
Le ministre de l’Intérieur entend renforcer l’arsenal législatif.
Une réforme sur le séparatisme et la lutte contre l’islamisme devrait être étudiée d’ici la fin de l’année.
C’est un combat de longue haleine mené depuis des années par les services antiterroristes européens : la lutte contre la menace du terrorisme islamiste. La France est particulièrement touchée. Comment notre pays s’est-il adapté pour faire face et détecter les profils à risque ?
À la frontière avec l’Italie, des individus sont appréhendés quotidiennement. Comme cet homme, arrêté dans un train alors qu’il tentait de rentrer en France sans passeport. Pour ce migrant, direction le poste de la police aux frontières pour une vérification d’identité. D’autres personnes subissent des interrogatoires approfondis dans cette unité spéciale de la PAF, une cellule unique en France. Trente enquêteurs formés par la sécurité intérieure se relaient sept jours sur sept pour repérer les profils à risque.
Un homme est connu sous onze alias différents. Les équipes de France Télévisions ont pu assister à son interrogatoire. «T’as pas de papiers. T’as pas d’argent sur toi. Comment tu vas vivre ?», demande un agent. L’homme répond : «Je cherche du boulot». L’enquêteur précise : «On a vu avec tes empreintes que tu étais connu, notamment pour apologie du terrorisme et outrage et menace de mort envers un agent de police.» Compte tenu du profil de l’individu, le chef de la PAF fait un signalement.
«L’objectif, c’est de se dire qu’il essaie de passer entre les mailles du filet, donc de le repérer et de le signaler. On ne veut passer à côté de personne. On va signaler les profils qui nous semblent à risque», explique Vincent Kasprzyk, chef du service de la police aux frontières de Menton (Alpes-Maritimes). L’individu est remis aux autorités italiennes, chargées de le renvoyer en Algérie. Sur les 3 000 migrants passés par la cellule d’enquête depuis sa création, 15 % ont été signalés au service de renseignement.
La menace du terrorisme islamiste provient également de l’intérieur, et les autorités surveillent de nombreux endroits, y compris des lieux de culte et des commerces. Une vingtaine a été fermée par le préfet, notamment pour séparatisme. Le fondamentalisme religieux se manifeste également à travers des librairies. Des investigations en caméra cachée ont été menées dans plusieurs d’entre elles. Implantées au cœur de Nice, elles proposent à première vue des livres religieux et des vêtements islamiques. Cependant, on y trouve également des ouvrages incitant à la haine et à la violence, ce qui a conduit le préfet à saisir le procureur de la République de Nice pour enquête.
Dans les Alpes-Maritimes, une quarantaine d’individus sont actuellement sous surveillance des services de renseignement. Chaque semaine, leur cas est examiné lors de réunions confidentielles où des mesures de surveillance, des visites domiciliaires, voire la judiciarisation peuvent être prises en vertu de la loi sur le séparatisme de 2021.
Le ministre de l’Intérieur prévoit de renforcer l’arsenal législatif. Une nouvelle loi sur le séparatisme et la lutte contre l’islamisme devrait être étudiée d’ici la fin de l’année.
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