Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi 1ᵉʳ avril à Lyon, devant la cour d’assises du Rhône. L’ancienne employée d’une crèche People & Baby est jugée pour «homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans». Elle est accusée d’avoir donné la mort à une fillette de 11 mois, empoisonnée par un produit ménager utilisé pour déboucher des canalisations.
Aux 24 colonnes, c’est la dernière affaire de la session d’assises avec jury. Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi matin, 1ᵉʳ avril et doit durer trois jours. L’affaire est particulièrement sensible. Deux avocates vont assurer sa défense pendant ces trois jours et la tâche s’annonce lourde. Dans la salle d’audience, l’atmosphère est pesante. Parents, grands-parents et tantes de la petite Lisa sont arrivés discrètement au palais de justice. Ils n’ont fait aucune déclaration à la presse. Dans le box des accusés, c’est une jeune femme presque banale qui a fait son entrée.
À 9h25, Myriam J. entre dans le box des accusés. La jeune femme semble accablée. Un mouchoir à la main, elle garde les yeux baissés, sans oser regarder la salle pleine à craquer. Sobrement vêtue de vert, de grandes lunettes qui lui mangent le visage, une moue d’enfant triste et une coiffure sage, l’apparence de l’accusée contraste avec le motif de son renvoi devant la justice. Myriam J. paraît très jeune. Tout juste 30 ans. Aujourd’hui, l’ancienne salariée de la micro-crèche de la rue Danton, risque la réclusion criminelle à perpétuité. La jeune femme qui souffre d’un problème d’audition est appareillée. Elle a même un léger défaut d’élocution.
Qui est Myriam J., accusée du meurtre de la petite Lisa ? Née le 7 mars 1995, célibataire, sans enfants. Vivant chez ses parents à Lyon, jusqu’au jour du drame… C’est une jeune femme apparemment sans histoire, sans relief. Incarcérée depuis le 24 juin 2022.
Les parents de la petite Lisa, victime d’un empoisonnement mortel en juin 2022, parties civiles – 01/04/2025
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© DR / Dessin de presse : Emmanuel Prost
L’enquête de personnalité révèle surtout les difficultés que la jeune femme a rencontré tout au long de son parcours scolaire. L’enquêtrice qui a rencontré Myriam J. en détention en décembre 2022, évoque une personne qui a du mal à “se repérer dans le temps et à retracer son parcours de vie”. La jeune femme a eu des parents bienveillants et notamment une relation “fusionnelle” avec son père. L’enquêtrice évoque une “ bonne entente familiale”, “une famille soudée sans activités particulières». “Elle n’a été ni victime ni témoins d’aucune violence intrafamiliale”. Avec la mère et le frère, les liens semblent cependant distendus. En revanche, elle fait état de nombreuses difficultés scolaires. Problèmes d’apprentissage, dyslexie, passage en section Ulis, mauvaise orientation dans une filière CAP qu’elle ne souhaitait pas, «pressing et blanchisserie» avant de parvenir à obtenir une place en petite enfance. Elle décroche son diplôme avec “tout juste la moyenne”.
Au moment de la lecture des faits reprochés à Myriam J., juste après le tirage au sort des jurés, la mère de la petite victime, sur le banc des parties civiles, est en larmes. Elle peine à retenir ses sanglots. Lorsque les détails de la mort de son enfant sont évoqués, la mère craque. Durant la matinée, elle sera même obligée de sortir de la salle d’audience pendant de longues minutes.
Lire aussi : Bébé empoisonné avec un produit ménager dans une crèche de Lyon : l’ancienne agent de puériculture jugée pour meurtre
L’accusée se lève pour sa première prise de parole, le président demande : “Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?”. Myriam J. répond : «Je reconnais les faits, mais ce n’a pas été volontaire». Le président demande à la jeune femme de répéter : «Je n’ai pas donné la mort volontairement,» assure l’accusée fermement.
Pour le père de l’accusée, Gilles J., appelé à témoigner ce premier jour, «Myriam a toujours eu plus ou moins des difficultés : déjà à l’école, dès le CP. On la faisait suivre dans un centre. Elle avait des difficultés à se situer dans l’espace… On s’est débrouillé pour trouver des solutions». «À l’hôpital, on nous a confirmé qu’elle était multi dys, qu’elle avait beaucoup de difficultés de concentration, elle a été opérée à une oreille. Sa surdité, c’est à la suite d’otites à répétition». «Notre démarche était qu’elle ne soit pas déscolarisée. Elle n’a pas eu son CAP pressing. Elle a eu de nouveau des problèmes d’oreille, elle a été appareillée en 2016», rapporte le père.
Sur sa vocation, le président interroge Gilles J. : «On ne sait pas pourquoi, elle était tout le temps avec des enfants, il n’y avait que ça qui l’intéressait». Lorsque l’accusée a décroché son CDI dans la micro crèche de la rue Danton, «c’était le Graal», explique le père. «Le CDI près de la maison, pour elle c’était comme si elle avait gagné au loto. Au début, elle était heureuse, elle était à 200 ou 300 mètres de la crèche, c’était facile de l’appeler pour les remplacements… On s’était disputé avec elle, pour les heures supplémentaires. Elle reportait ses rendez-vous médicaux, elle avait des problèmes avec son appareil auditif», continue le père de l’accusée.
Aux enquêteurs, mais aussi à ses collègues de travail, la jeune femme avait parlé d’une grossesse, de l’accouchement d’une petite-fille, d’une fausse couche… Autant d’éléments que ses proches ont appris lors de l’enquête. «Est-ce qu’elle s’invente une vie ?», demande le président à Gilles J. «Le problème de Myriam, c’est qu’elle a de gros problèmes pour se faire accepter. On lui a tellement dit qu’elle était bête, que se faire accepter dans un groupe est important pour elle. Sa peur, c’est : qu’est-ce qu’on va dire de moi ?», explique le témoin.
Questionné également par le président sur la situation, Gilles J. répond : «ça nous a détruit aussi. Il n’y a pas un jour où on ne pense pas à la petite, même si on continue à aller voir notre fille en prison ; ça reste notre fille. Que peut-on dire pour atténuer la peine ? On est des parents, on ne comprend pas ce qui s’est passé…»
Durant les trois jours du procès, les experts vont défiler à la barre pour tenter de faire la lumière sur le geste de Myriam J. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité, comme le lui a expliqué le président.
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Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi 1ᵉʳ avril à Lyon, devant la cour d’assises du Rhône. L’ancienne employée d’une crèche People & Baby est jugée pour «homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans». Elle est accusée d’avoir donné la mort à une fillette de 11 mois, empoisonnée par un produit ménager utilisé pour déboucher des canalisations.
Aux 24 colonnes, c’est la dernière affaire de la session d’assises avec jury. Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi matin, 1ᵉʳ avril et doit durer trois jours. L’affaire est particulièrement sensible. Deux avocates vont assurer sa défense pendant ces trois jours et la tâche s’annonce lourde. Dans la salle d’audience, l’atmosphère est pesante. Parents, grands-parents et tantes de la petite Lisa sont arrivés discrètement au palais de justice. Ils n’ont fait aucune déclaration à la presse. Dans le box des accusés, c’est une jeune femme presque banale qui a fait son entrée.
À 9h25, Myriam J. entre dans le box des accusés. La jeune femme semble accablée. Un mouchoir à la main, elle garde les yeux baissés, sans oser regarder la salle pleine à craquer. Sobrement vêtue de vert, de grandes lunettes qui lui mangent le visage, une moue d’enfant triste et une coiffure sage, l’apparence de l’accusée contraste avec le motif de son renvoi devant la justice. Myriam J. paraît très jeune. Tout juste 30 ans. Aujourd’hui, l’ancienne salariée de la micro-crèche de la rue Danton, risque la réclusion criminelle à perpétuité. La jeune femme qui souffre d’un problème d’audition est appareillée. Elle a même un léger défaut d’élocution.
Qui est Myriam J., accusée du meurtre de la petite Lisa ? Née le 7 mars 1995, célibataire, sans enfants. Vivant chez ses parents à Lyon, jusqu’au jour du drame… C’est une jeune femme apparemment sans histoire, sans relief. Incarcérée depuis le 24 juin 2022, Myriam J. est au centre d’une enquête de personnalité qui révèle les difficultés qu’elle a rencontrées tout au long de son parcours scolaire. La jeune femme a eu des parents bienveillants, en particulier une relation fusionnelle avec son père, mais a souffert de plusieurs problèmes scolaires, dont des difficultés d’apprentissage, une dyslexie, et des orientations malheureuses dans sa formation. Son diplôme en petite enfance a été obtenu avec juste la moyenne.
Au moment de la lecture des faits qui lui sont reprochés, Myriam J. admet les actes tout en affirmant qu’ils n’ont pas été commis volontairement. Les témoignages de ses proches, notamment de son père, mettent en lumière les difficultés qu’elle a toujours rencontrées, tant sur le plan scolaire que personnel. Son père souligne ses problèmes de concentration et de surdité, ainsi que son engagement envers les enfants, ce qui l’a menée à travailler dans une crèche.
Les témoignages révèlent également des aspects de la vie de Myriam J. que ses proches ont découverts lors de l’enquête, comme des allusions à une grossesse, un accouchement, et une fausse couche, suscitant des questions sur la véracité de ses dires. Son besoin d’être acceptée et sa peur du jugement des autres ressortent dans les témoignages de ses proches.
Le procès de Myriam J. se poursuit sur trois jours, avec des experts qui apportent leur éclairage sur les circonstances entourant ses actes. Elle risque la réclusion criminelle à perpétuité, une perspective difficile à accepter pour sa famille qui reste dévastée par la situation. Malgré tout, ils continuent de la soutenir en prison, en tant que parents qui ne comprennent pas ce qui s’est passé.
L’affaire de Myriam J. souligne les défis auxquels elle a été confrontée tout au long de sa vie, mettant en lumière les conséquences tragiques de ses actions. Le procès offre l’occasion de comprendre les motivations et les circonstances qui ont conduit à cette tragédie, tout en soulignant l’importance du soutien familial dans les moments les plus sombres.
Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi 1ᵉʳ avril à Lyon, devant la cour d’assises du Rhône. L’ancienne employée d’une crèche People & Baby est jugée pour «homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans». Elle est accusée d’avoir donné la mort à une fillette de 11 mois, empoisonnée par un produit ménager utilisé pour déboucher des canalisations.
Aux 24 colonnes, c’est la dernière affaire de la session d’assises avec jury. Le procès de Myriam J. a débuté ce mardi matin, 1ᵉʳ avril et doit durer trois jours. L’affaire est particulièrement sensible. Deux avocates vont assurer sa défense pendant ces trois jours et la tâche s’annonce lourde. Dans la salle d’audience, l’atmosphère est pesante. Parents, grands-parents et tantes de la petite Lisa sont arrivés discrètement au palais de justice. Ils n’ont fait aucune déclaration à la presse. Dans le box des accusés, c’est une jeune femme presque banale qui a fait son entrée.
À 9h25, Myriam J. entre dans le box des accusés. La jeune femme semble accablée. Un mouchoir à la main, elle garde les yeux baissés, sans oser regarder la salle pleine à craquer. Sobrement vêtue de vert, de grandes lunettes qui lui mangent le visage, une moue d’enfant triste et une coiffure sage, l’apparence de l’accusée contraste avec le motif de son renvoi devant la justice. Myriam J. paraît très jeune. Tout juste 30 ans. Aujourd’hui, l’ancienne salariée de la micro-crèche de la rue Danton, risque la réclusion criminelle à perpétuité. La jeune femme qui souffre d’un problème d’audition est appareillée. Elle a même un léger défaut d’élocution.
Qui est Myriam J., accusée du meurtre de la petite Lisa ? Née le 7 mars 1995, célibataire, sans enfants. Vivant chez ses parents à Lyon, jusqu’au jour du drame… C’est une jeune femme apparemment sans histoire, sans relief. Incarcérée depuis le 24 juin 2022.
Les parents de la petite Lisa, victime d’un empoisonnement mortel en juin 2022, parties civiles – 01/04/2025
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© DR / Dessin de presse : Emmanuel Prost
L’enquête de personnalité révèle surtout les difficultés que la jeune femme a rencontré tout au long de son parcours scolaire. L’enquêtrice qui a rencontré Myriam J. en détention en décembre 2022, évoque une personne qui a du mal à “se repérer dans le temps et à retracer son parcours de vie”. La jeune femme a eu des parents bienveillants et notamment une relation “fusionnelle” avec son père. L’enquêtrice évoque une “ bonne entente familiale”, “une famille soudée sans activités particulières». “Elle n’a été ni victime ni témoins d’aucune violence intrafamiliale”. Avec la mère et le frère, les liens semblent cependant distendus. En revanche, elle fait état de nombreuses difficultés scolaires. Problèmes d’apprentissage, dyslexie, passage en section Ulis, mauvaise orientation dans une filière CAP qu’elle ne souhaitait pas, «pressing et blanchisserie» avant de parvenir à obtenir une place en petite enfance. Elle décroche son diplôme avec “tout juste la moyenne”.
Au moment de la lecture des faits reprochés à Myriam J., juste après le tirage au sort des jurés, la mère de la petite victime, sur le banc des parties civiles, est en larmes. Elle peine à retenir ses sanglots. Lorsque les détails de la mort de son enfant sont évoqués, la mère craque. Durant la matinée, elle sera même obligée de sortir de la salle d’audience pendant de longues minutes.
Lire aussi : Bébé empoisonné avec un produit ménager dans une crèche de Lyon : l’ancienne agent de puériculture jugée pour meurtre
L’accusée se lève pour sa première prise de parole, le président demande : “Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?”. Myriam J. répond : «Je reconnais les faits, mais ce n’a pas été volontaire». Le président demande à la jeune femme de répéter : «Je n’ai pas donné la mort volontairement,» assure l’accusée fermement.
Pour le père de l’accusée, Gilles J., appelé à témoigner ce premier jour, «Myriam a toujours eu plus ou moins des difficultés : déjà à l’école, dès le CP. On la faisait suivre dans un centre. Elle avait des difficultés à se situer dans l’espace… On s’est débrouillé pour trouver des solutions». «À l’hôpital, on nous a confirmé qu’elle était multi dys, qu’elle avait beaucoup de difficultés de concentration, elle a été opérée à une oreille. Sa surdité, c’est à la suite d’otites à répétition». «Notre démarche était qu’elle ne soit pas déscolarisée. Elle n’a pas eu son CAP pressing. Elle a eu de nouveau des problèmes d’oreille, elle a été appareillée en 2016», rapporte le père.
Sur sa vocation, le président interroge Gilles J. : «On ne sait pas pourquoi, elle était tout le temps avec des enfants, il n’y avait que ça qui l’intéressait». Lorsque l’accusée a décroché son CDI dans la micro crèche de la rue Danton, «c’était le Graal», explique le père. «Le CDI près de la maison, pour elle c’était comme si elle avait gagné au loto. Au début, elle était heureuse, elle était à 200 ou 300 mètres de la crèche, c’était facile de l’appeler pour les remplacements… On s’était disputé avec elle, pour les heures supplémentaires. Elle reportait ses rendez-vous médicaux, elle avait des problèmes avec son appareil auditif», continue le père de l’accusée.
Aux enquêteurs, mais aussi à ses collègues de travail, la jeune femme avait parlé d’une grossesse, de l’accouchement d’une petite-fille, d’une fausse couche… Autant d’éléments que ses proches ont appris lors de l’enquête. «Est-ce qu’elle s’invente une vie ?», demande le président à Gilles J. «Le problème de Myriam, c’est qu’elle a de gros problèmes pour se faire accepter. On lui a tellement dit qu’elle était bête, que se faire accepter dans un groupe est important pour elle. Sa peur, c’est : qu’est-ce qu’on va dire de moi ?», explique le témoin.
Questionné également par le président sur la situation, Gilles J. répond : «ça nous a détruit aussi. Il n’y a pas un jour où on ne pense pas à la petite, même si on continue à aller voir notre fille en prison ; ça reste notre fille. Que peut-on dire pour atténuer la peine ? On est des parents, on ne comprend pas ce qui s’est passé…»
Durant les trois jours du procès, les experts vont défiler à la barre pour tenter de faire la lumière sur le geste de Myriam J. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité, comme le lui a expliqué le président.
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