Invité de «La Matinale», jeudi 14 mai, le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, s’est montré rassurant quant au risque de propagation à grande échelle du hantavirus. Selon lui, la souche originelle du virus semble stable et n’a pas muté, ce qui limite sa capacité de contagion. De plus, les cas actuels sont tous liés à un même bateau, ce qui indique un faible risque de propagation. Les autorités britanniques ont adopté une stratégie différente en permettant aux personnes infectées de s’isoler chez elles, mais cela ne signifie pas nécessairement une gestion laxiste de la situation.
Donc, si nous avons confiance en eux, pourquoi pas ? En tout cas, le principe reste le même : s’isoler et se faire dépister très régulièrement pour détecter une éventuelle contamination le plus tôt possible.
David Lefort souligne qu’il y a tout de même un risque, notamment en ce qui concerne la réactivité du service médical et le respect du confinement par certains individus. Bruno Mégarbane ajoute que la stratégie française est probablement la plus sûre, mais cela ne signifie pas que les autres stratégies sont à haut risque.
Concernant les États-Unis, Jean-Baptiste Marteau s’inquiète de l’absence de coordination mondiale suite au retrait de l’OMS par certains pays. Bruno Mégarbane explique que les États-Unis ne font pas partie de l’OMS, ce qui peut poser des problèmes en termes de suivi des recommandations.
Quant à la Coupe du Monde de football qui approche aux États-Unis, Bruno Mégarbane se veut rassurant en affirmant que le virus ne circule pas en dehors des zones d’endémie en Amérique du Sud. Il souligne que les personnes infectées sont en isolement strict.
Enfin, concernant la gestion de la situation, Bruno Mégarbane estime qu’il est normal d’avoir réagi rapidement, compte tenu du risque que représente ce virus. Il souligne l’importance de limiter la propagation du virus pour éviter une situation plus grave que la Covid. Invité de «La Matinale», le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, a répondu à une question sur la pression scientifique concernant le hantavirus. Il a expliqué que la rapidité avec laquelle l’une des personnes contacts s’est positivée et a développé des symptômes graves a suscité une certaine inquiétude. Cependant, il a précisé que les autorités sanitaires ont choisi la prudence en optant pour l’isolement à l’hôpital de 22 personnes pour éviter une éventuelle propagation. Il a souligné que le nombre de contacts était limité, ce qui rendait cette mesure possible. Cliquez sur la vidéo pour voir l’intégralité de l’entretien. Est-ce inquiétant de constater des mesures de gestion plus souples chez nos voisins européens ?
Bruno Mégarbane : Peut-être pas «laxistes», car les autorités sanitaires britanniques sont responsables. A ce jour, il n’y a pas de preuve que le confinement à l’hôpital est nécessairement meilleur qu’un confinement à domicile. Il est important que les individus acceptent et comprennent le concept. Si nous avons confiance en eux, pourquoi pas ? Le principe reste le même, c’est-à-dire s’isoler et se faire tester régulièrement pour anticiper toute possible contamination.
David Lefort : Il y a tout de même un risque, notamment en termes de réactivité du système de santé et de respect du confinement à domicile.
Bruno Mégarbane : Vous avez raison, la stratégie française est probablement la plus sûre en raison de son strict contrôle. Cependant, cela ne signifie pas que les autres stratégies choisies présentent un risque élevé.
Jean-Baptiste Marteau : Et aux États-Unis ? Cela suscite des inquiétudes, notamment en raison du retrait des Etats-Unis de l’OMS et de la gestion de la crise par l’administration de Trump.
Bruno Mégarbane : En effet, la situation aux États-Unis est différente en raison de leur non-appartenance à l’OMS. Les recommandations de l’OMS ne sont pas toutes suivies aux Etats-Unis, ce qui peut poser problème.
Jean-Mathieu Pernin : Avec la Coupe du Monde de football aux Etats-Unis dans un mois, y a-t-il un risque de propagation du virus ?
Bruno Mégarbane : Pour l’instant, le virus ne circule pas en dehors des zones endémiques en Amérique du Sud. Les cas identifiés sont isolés, donc le risque est faible. Toutefois, si le virus se propageait aux Etats-Unis, la situation serait plus préoccupante.
Jean-Baptiste Marteau : Pensez-vous que la gestion de la crise en France est efficace ?
Bruno Mégarbane : Oui, il est normal d’avoir réagi rapidement en raison de la dangerosité du virus. Si le virus se propageait dans la communauté, les mesures prises seraient plus strictes et graves.
Alix Bouilhaguet : Il y a eu un changement dans les mesures d’isolement en France, passant d’un isolement à domicile à un isolement à l’hôpital. Invité de «La Matinale», jeudi 14 mai, le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, a abordé la question de la pression scientifique concernant la propagation du hantavirus à grande échelle.
Bruno Mégarbane a souligné que le cas d’une personne contact qui s’est rapidement testée positive et a développé des symptômes graves de manière abrupte a suscité une certaine inquiétude. Cette situation a conduit les autorités sanitaires à opter pour plus de prudence en choisissant de mettre en quarantaine à l’hôpital les personnes contacts plutôt que de les laisser en autoconfinement à domicile.
Le nombre restreint de personnes contacts, soit 22 au total, a permis de les traiter efficacement à l’hôpital. Cette approche a été jugée nécessaire pour limiter la propagation du virus et assurer la sécurité des individus impliqués.
Lors de l’interview, le professeur Mégarbane a également mis en avant les dernières informations fournies par l’OMS concernant l’hantavirus. Sur les 11 cas recensés, dont 3 décès, 8 ont confirmé la souche originelle du virus, ce qui est plutôt rassurant. Il a expliqué que le virus n’avait pas muté, ce qui suggère une stabilité génétique et une faible contagiosité.
Les échanges entre les intervenants ont également porté sur la possibilité de mutations du virus à l’avenir et sur la nécessité de maintenir une vigilance constante. Le suivi des cas contacts pendant une période pouvant aller jusqu’à six semaines est crucial pour s’assurer que l’épidémie est sous contrôle.
En conclusion, le protocole strict mis en place en France, avec l’hospitalisation des cas contacts et des personnes ayant été en contact avec des individus infectés, vise à limiter la propagation du virus. Bien que le hantavirus ne connaisse pas de frontières, une approche préventive et coordonnée est essentielle pour contenir sa propagation. En Grande-Bretagne, la stratégie est différente, avec seulement six Britanniques sortis de l’hôpital pour s’isoler chez eux après être venus du bateau. Ils doivent rester chez eux pendant 45 jours sans contrôle obligatoire à l’hôpital. Cette approche peut sembler plus laxiste, mais les autorités sanitaires britanniques sont responsables et il n’y a pas de preuve que la quarantaine à domicile soit moins efficace que celle à l’hôpital. En ce qui concerne les États-Unis, leur absence de l’OMS et leur approche moins stricte peuvent être préoccupantes, mais pour l’instant le virus ne circule pas en dehors des zones endémiques en Amérique du Sud. Il est important de rester vigilant, mais les stratégies mises en place semblent efficaces pour contenir la propagation du virus. Est-ce qu’il y a eu une pression scientifique ?
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