Le Hantavirus, la croisière de la peur à bord du MV Hondius, un mystérieux virus fait son apparition. Le bateau de croisière, censé relier Ushuaïa (Argentine) au Cap Vert, connaît un premier mort, puis un second. Les autorités refusent de le voir accoster. Puis un mot : hantavirus, et le souvenir éprouvant des prémices du Covid-19. Récit d’une croisière de rêve qui a tourné au cauchemar. Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité. «On n’est pas qu’une histoire, des grands titres. On est des humains avec des familles», lance Jake Rosmarin, un passager bloqué à bord du MV Hondius. Le 1er avril, il embarque à bord du Hondius. L’un des 88 touristes prêts à partir pour une croisière de rêve. Plusieurs semaines à la découverte des îles isolées de l’Atlantique Sud, au Cap-Vert. Une croisière au plus proche de la nature. C’est justement de la nature que va venir le danger. Car à bord, il y a un passager clandestin, invisible, dangereux. Après deux semaines de navigation, le commandant de bord réunit tout le monde. «Un de nos passagers est malheureusement décédé la nuit dernière. Le médecin m’a dit que ce n’était pas contagieux. Nous sommes en sécurité de ce côté-là», assure-t-il. Le passager mort est un Néerlandais de 70 ans. C’est un autre passager qui filme ce moment clé. Ruhi Çenet est réalisateur de documentaires. «Quand un des passagers est mort, après plusieurs semaines, je pensais que c’était dû aux conditions climatiques difficiles, mais la situation était bien pire que ce qu’on nous avait annoncé», indique-t-il. Le navire continue sa route pour rejoindre l’île de Sainte-Hélène. Le corps est débarqué, son épouse est tombée malade. Elle est évacuée vers l’Afrique du Sud et va mourir 48 heures plus tard. Un couple contaminé, mais par quoi ? Une intoxication, un virus ? La réponse arrive le 2 mai, brutale. Un autre passager meurt à bord, en pleine mer. Diagnostic : syndrome respiratoire aigu, comme les deux premiers morts. Des victimes en série à bord d’un navire de croisière. Impossible de ne pas penser au sort d’un autre bateau, six ans plus tôt, au début de l’épidémie de Covid. «Dans la tête de chacun d’entre nous, le Diamond Princess, c’était un naufrage sanitaire. Parce qu’on avait effectivement 3 700 personnes qui sont restées, pour la plupart, quinze jours confinées à bord du bateau. Sur ces 3 700 personnes, il y a 700 quand même qui ont été infectées», rappelle David Lefort, journaliste sciences franceinfo. «Là, ce n’est pas le même ratio. C’est, a priori, sept contaminations, en tout cas moins de 10 sur 150. Mais effectivement, ça nous fait penser à ce contexte particulier, à ces contaminations, avec cette promiscuité dans les cabines qui avaient fait tourner le virus de façon conséquente. On se dit que ce sera peut-être le même scénario. Ce n’est pas ce qu’on observe», précise-t-il. Retour sur le Hondius. Les analyses sur le couple décédé ont parlé. Le 3 mai, l’OMS peut donner officiellement le nom du coupable : «L’OMS est au courant et soutient un événement de santé publique impliquant un navire de croisière naviguant dans l’océan Atlantique. À ce jour, un cas d’infection par l’hantavirus a été confirmé en laboratoire. Des enquêtes détaillées sont en cours». «Hantavirus», le monde entier va apprendre ce mot en quelques heures. «Il existe beaucoup de formes de virus à hantavirus et, parmi la quarantaine de souches qui existent, il y en a une qui se transmet entre hommes, une fois qu’un homme a été contaminé par un rongeur. Et à ce moment-là, il se trouve que c’est un des taux de mortalité qui est extrêmement important, puisqu’on est aux alentours de 30 à 40 %. C’est ce qui se passe actuellement avec la souche qui a contaminé le bateau, qui est la souche des Andes, et qui est la souche qui se transmet, après morsure, d’homme à homme, avec un taux de létalité de 30 à 40 %. Trois décès sur sept personnes infectées sur le bateau», détaille Philippe Amouyal, professeur de santé publique au CHU de Lille. Un virus mortel dans un cas sur trois. Dix fois plus que le Covid. Le navire est immobilisé au large du Cap-Vert. Interdiction d’accoster, de poser un pied à terre. Le risque de propager l’antivirus est trop grand. À bord, les nerfs craquent. Nouvelle impression de déjà-vu avec les combinaisons blanches. Des médecins sont envoyés à bord pour faire des prélèvements. «On n’est pas loin du Cap-Vert. Et le petit bateau à côté, là, ce sont les médecins. Nous avons été surveillés par des drones. Ici, tout le monde va bien. On sait qu’il y aura une évacuation des personnes malades bientôt. Et on se dirigera probablement vers l’Espagne. Mais pour l’instant, on ne sait pas encore», raconte un passager dans une vidéo. «Les hantavirus, on les a «vus» dans les laboratoires pour la première fois en 1976. C’est assez récent. Certes, il y a 38 hantavirus aujourd’hui. Ils sont tous dispersés par des rongeurs, que ce soit des rats, que ce soit des souris», explique David Lefort. «La question, c’est la possibilité d’une contamination d’abord à partir du rongeur. On sait que les rongeurs traversent les mers, donc il y avait peut-être des rongeurs dans ce bateau, première hypothèse. Deuxième hypothèse, une personne est montée à bord dans sa phase d’incubation, contaminée sans le savoir, et a amené par la suite le virus sur le bateau», développe Philippe Amouyal. Mais l’urgence est ailleurs. Retour au 24 avril à Sainte-Hélène. Le jour où le malheureux couple néerlandais, lui mort, elle malade, a été débarqué. Ce jour-là, trente autres passagers ont quitté la croisière. Trente personnes qu’il faut retrouver, avertir, eux et les éventuels cas contacts qu’ils ont pu croiser. «Là, il y a quand même une urgence, c’est de contenir l’infection. C’est une course contre la montre. Il faut collecter les indices, faire en sorte de ne pas déployer plus largement que sur le bateau ce virus, de retracer aussi le parcours de chacune des personnes qui a été infectée, parce qu’on a une période d’incubation sur une à six semaines. Hantavirus, le voyage de la peur – franceinfo Il est nécessaire de remonter, pour chaque personne infectée, à ce qu’elle a fait pendant les six semaines, qui elle a rencontré, où elle est allée. Toutes ces informations doivent être recueillies pour alimenter l’enquête. Il est également important de protéger toutes ces personnes. C’est un travail crucial qui doit être mené dans les jours à venir pour contenir au maximum cette épidémie qui était en train de se propager», explique David Lefort. Ruhi Çenet fait partie des personnes qui ont quitté le navire ce jour-là. «Je suis descendu du Hondius au 24e jour. Mais le Hondius a continué sa route vers sa destination finale. J’aurais aimé que l’équipage prenne la situation plus au sérieux et envisage la possibilité d’une maladie contagieuse dès le premier décès à bord. Mais personne n’a été mis en isolement. Tout le monde était ensemble et les activités de groupe ont continué», confie-t-il. Le 27 avril, nouvel arrêt sur l’île de l’Ascension. Un Britannique a des difficultés respiratoires. Il sera pris en charge à Johannesburg (Afrique du Sud). Le test est formel : il est contaminé par l’antivirus. Le doute n’est plus permis, le virus se transmet bel et bien d’homme à homme. Il est certes beaucoup moins contagieux que le Covid, mais le sentiment de vivre un début de crise comparable persiste. Tout le monde se souvient aujourd’hui de ces journées décisives de l’hiver 2020. Ces semaines où, faute d’avoir bien évalué le danger, la situation était devenue ingérable. Comme en Italie, un week-end de février. Correspondant en Italie à l’époque, Alban Mikoczy a vu de près le moment où tout est devenu incontrôlable. «Quand on arrive à Codogno, il y a une atmosphère très étrange parce que tous les commerces sont fermés d’urgence. Il y a des rideaux tirés, les gens qui se mettent à courir. Les gens cherchent des masques et il n’y a pas du tout de masques en Italie. Donc on croise des gens qui ont des foulards devant le visage, etc», se remémore-t-il. «Là, se crée un premier cercle pour éviter l’hôpital, c’est-à-dire qu’arrivent des barrières posées par des policiers qui ont des équipements de cosmonautes, qui posent des barrières, et en très gros, vous êtes enfermés dans cette petite zone de Codogno. Les Italiens ferment l’accès à quinze villages autour de Codogno et Codogno, et vous êtes dans la zone des pestiférés. Et là, on comprend qu’il se passe quelque chose qui nous échappe», souligne le journaliste international de franceinfo. Retour en 2026. Quel pays acceptera d’accueillir le Hondius ? Une question éthique pour les pays africains et européens. L’Espagne ne l’exclut pas, mais cette fois, la peur devance largement le virus. Les Canaries sont envisagées : une levée de boucliers au sein de la population. «Ça ne me plaît pas que le bateau arrive ici à Tenerife. Il y a six semaines d’incubation, pas une, pas deux», s’insurge une femme. «Honnêtement, c’est une mauvaise idée, parce qu’ils pourraient contaminer des gens», estime une jeune fille. «Ça ne me ravit pas vraiment, je ne suis pas trop pour. Mais je comprends, il faut bien s’occuper d’eux», relativise une autre femme. Prendre soin des malades, rassurer l’opinion publique internationale, c’est ce que décide de faire l’OMS. Fini les simples communiqués, ils parlent face caméra. «Nous comprenons que cela suscite des inquiétudes, et c’est précisément pour cette raison que nous nous efforçons de répondre aux questions pour replacer dans le contexte. Et je le répète, le risque pour le grand public est faible», déclare le docteur Marie Van Kerkhove, directrice de la prévention et de la préparation aux épidémies à l’OMS. «C’est extrêmement difficile parce qu’en fait, il y a deux impératifs. Il y a un impératif de maintenir l’ordre public, c’est-à-dire ne pas créer un vent de panique mondial. Vous imaginez, si l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, se met à dire qu’il y a un vrai risque, même s’ils le pensent, ça crée un désordre tel que c’est contre-productif. Donc, il faut une gestion de crise qui permette de calmer les populations. Et en même temps, il faut informer, dire les choses telles qu’elles sont avec des mots choisis. C’est toute une dialectique très particulière. D’ailleurs, l’OMS, qui communique depuis le début, choisit ses mots. À chaque fois qu’elle donne une information qui est une information sensible et qui peut être inquiétante, elle contrebalance avec un mot en disant attention, ce n’est pas le Covid, attention, ce n’est pas une épidémie, attention, ce n’est pas une pandémie. Bref, le vocabulaire est extrêmement choisi pour permettre cette espèce d’effet de balancier qui va éviter la panique totale et en même temps, permettre de gérer une crise mondiale», explique Audrey Goutard, journaliste faits de société de franceinfo. Rassurer, même sur le bateau, est devenu une priorité. Sur CNN, un passager témoigne, lui-même médecin. «Maintenant, nous avons avec nous à bord deux épidémiologistes de l’OMS, deux autres docteurs danois. Il y a une très bonne équipe à bord qui étudie de près la propagation du virus et ce que ça implique pour les passagers et leur santé. Je suis plutôt optimiste. J’espère que nous sortirons tous bientôt du bateau», déclare le docteur Stephen Kornfeld. L’Espagne a pris sa décision. Oui, les Canaries accueilleront le Hondius. Mais pas question d’un accostage. Inimaginable de voir des passagers potentiellement contaminés débarquer et côtoyer la population. Les autorités de l’île vont donc imaginer un protocole sanitaire strict et, si possible, rassurant. «Les passagers seront débarqués à bord d’une navette fluviale. Elle accostera à quai. Et là, au pied de la passerelle, ils monteront à bord d’un véhicule, probablement un bus», a ainsi fait savoir Pedro Suarez, président de l’autorité portuaire de Tenerife (Espagne). Sur place, la crainte est toujours présente. La preuve en est avec une manifestation. Sur les pancartes : «Pas d’informations, pas de sécurité», peut-on lire. «Est-ce qu’on navigue à vue ? Non, il y a quand même des protocoles qui existent. Il y a des mesures qui sont mises en place sanitaires à grande échelle. Hantavirus : l’évacuation du bateau de croisière – franceinfo

À bord du MV Hondius, un mystérieux virus est apparu, transformant une croisière de rêve en cauchemar. Le bateau de croisière, prévu pour relier Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert, a connu un premier décès, suivi d’un second. Les autorités ont refusé de le laisser accoster, alors que le mot «hantavirus» évoquait les prémices du Covid-19. Les passagers, dont Jake Rosmarin, ont été bloqués à bord, confrontés à une situation terrifiante. Un voyage qui s’annonçait paradisiaque s’est transformé en une lutte pour la survie, rappelant les tragédies passées sur d’autres navires de croisière. Il est nécessaire de remonter le fil des actions de chaque personne infectée, de toutes les rencontres qu’elle a pu faire et des endroits qu’elle a fréquentés au cours des six semaines passées. Toutes ces informations doivent être collectées pour mieux comprendre la situation et protéger toutes les personnes concernées. Un travail crucial doit être effectué dans les prochains jours pour contenir au maximum cette épidémie naissante», explique David Lefort.

Ruhi Çenet est l’un des passagers ayant quitté le navire ce jour-là. «J’ai débarqué du Hondius le 24e jour. Mais le navire a poursuivi sa route vers sa destination finale. J’aurais aimé que l’équipage prenne plus au sérieux la situation et envisage la possibilité d’une maladie contagieuse dès le premier décès à bord. Personne n’a été mis en quarantaine. Tout le monde était ensemble et les activités de groupe ont continué», confie-t-il.

Le 27 avril, lors d’un nouvel arrêt sur l’île de l’Ascension, un Britannique présente des difficultés respiratoires. Il sera pris en charge à Johannesburg (Afrique du Sud) et testé positif à l’antivirus. Le virus se transmet donc d’homme à homme, bien que moins contagieux que le Covid. Cette situation rappelle les débuts de la crise en Italie un week-end de février.

Alban Mikoczy, correspondant en Italie à l’époque, se souvient du moment où tout a dégénéré à Codogno. Des mesures d’isolement sont mises en place, créant une zone de quarantaine autour de la ville. La population est prise de panique, cherchant des masques alors qu’il y a pénurie en Italie.

En 2026, le navire Hondius cherche un pays pour accoster. Les réticences des pays africains et européens se font sentir. L’OMS tente de rassurer l’opinion publique internationale en prenant la parole face caméra pour contextualiser la situation et minimiser les risques. L’organisation choisit ses mots avec soin pour éviter la panique mondiale.

Sur le bateau, des mesures strictes sont mises en place pour éviter tout risque de propagation du virus. Les autorités des Canaries décident d’accueillir le Hondius mais sans accostage direct. Un protocole sanitaire est élaboré pour débarquer les passagers en toute sécurité. La population locale exprime ses inquiétudes lors d’une manifestation, réclamant plus d’informations et de sécurité. Les protocoles mis en place sur le bateau sont les plus stricts pour éviter la propagation de l’infection. Cependant, il est envisagé de revoir ces mesures pour le futur. Une question se pose alors : que faire des personnes quittant le bateau ? Devront-elles être mises en quarantaine, et si oui, dans quel environnement ? En parallèle, l’Espagne a choisi de rapatrier immédiatement ses ressortissants. Cette décision est motivée par des enjeux économiques, notamment liés au tourisme. En effet, l’île ne peut se permettre d’être associée à une image négative de maladie et de virus. Cette évacuation inhabituelle sera scrutée par le monde entier, car son succès déterminera la suite des événements. Il est crucial d’apprendre des leçons du Covid-19 pour garantir une gestion efficace de cette crise sanitaire. Dix fois plus que le Covid.

Le navire est immobilisé au large du Cap-Vert. Interdiction d’accoster, de poser un pied à terre. Le risque de propager l’antivirus est trop grand. À bord, les nerfs craquent. Nouvelle impression de déjà-vu avec les combinaisons blanches. Des médecins sont envoyés à bord pour faire des prélèvements. «On n’est pas loin du Cap-Vert. Et le petit bateau à côté, là, ce sont les médecins. Nous avons été surveillés par des drones. Ici, tout le monde va bien. On sait qu’il y aura une évacuation des personnes malades bientôt. Et on se dirigera probablement vers l’Espagne. Mais pour l’instant, on ne sait pas encore», raconte un passager dans une vidéo.

«Les hantavirus, on les a «vus» dans les laboratoires pour la première fois en 1976. C’est assez récent. Certes, il y a 38 hantavirus aujourd’hui. Ils sont tous dispersés par des rongeurs, que ce soit des rats, que ce soit des souris», explique David Lefort. «La question, c’est la possibilité d’une contamination d’abord à partir du rongeur. On sait que les rongeurs traversent les mers, donc il y avait peut-être des rongeurs dans ce bateau, première hypothèse. Deuxième hypothèse, une personne est montée à bord dans sa phase d’incubation, contaminée sans le savoir, et a amené par la suite le virus sur le bateau», développe Philippe Amouyal.

Mais l’urgence est ailleurs. Retour au 24 avril à Sainte-Hélène. Le jour où le malheureux couple néerlandais, lui mort, elle malade, a été débarqué. Ce jour-là, trente autres passagers ont quitté la croisière. Trente personnes qu’il faut retrouver, avertir, eux et les éventuels cas contacts qu’ils ont pu croiser. «Là, il y a quand même une urgence, c’est de contenir l’infection. C’est une course contre la montre. Il faut collecter les indices, faire en sorte de ne pas déployer plus largement que sur le bateau ce virus, de retracer aussi le parcours de chacune des personnes qui a été infectée, parce qu’on a une période d’incubation sur une à six semaines. C’est-à-dire qu’on doit remonter, pour chacune des personnes qui a été infectée, sur ce qu’elle a fait pendant ces six semaines, qui elle a croisé, où elle est allée. Tout ça doit être renseigné, tout ça doit venir nourrir la démarche. Et on doit protéger aussi toutes ces personnes. Donc c’est ce travail très important qui est à mener là, dans les jours qui viennent, pour circonscrire au maximum cette épidémie qui était en train de naître», décrypte David Lefort.

Ruhi Çenet fait partie de ceux qui ont quitté le navire ce jour-là. «Moi, j’ai débarqué du Hondius au 24e jour. Mais le Hondius a poursuivi sa route vers sa destination finale. J’aurais aimé que l’équipage prenne plus au sérieux la situation et qu’il envisage la possibilité d’une maladie contagieuse dès le premier décès à bord. Mais personne n’a été mis à l’isolement. Tout le monde était ensemble et les activités de groupe ont continué», confie-t-il.

Le 27 avril, nouvel arrêt sur l’île de l’Ascension. Un Britannique a des difficultés respiratoires. Il sera pris en charge à Johannesburg (Afrique du Sud). Le test est formel : il est contaminé par l’antivirus. Le doute n’est plus permis, le virus passe bien d’homme à homme. Il est certes beaucoup moins contagieux que le Covid, mais le sentiment de vivre un début de crise comparable perdure. Tout le monde se souvient aujourd’hui de ces journées décisives de l’hiver 2020. Ces semaines où, faute d’avoir bien évalué le danger, la situation était devenue ingérable. Comme en Italie, un week-end de février.

Alors correspondant en Italie, Alban Mikoczy a vu de près le moment où tout est devenu hors de contrôle. «Quand on arrive à Codogno, il y a une atmosphère très étrange parce que tous les commerces sont fermés d’urgence. Il y a des rideaux tirés, les gens qui se mettent à courir. Les gens cherchent des masques et il n’y a pas du tout de masques en Italie. Donc on croise des gens qui ont des foulards devant le visage, etc», se remémore-t-il. «Là, se crée un premier cercle pour éviter l’hôpital, c’est-à-dire qu’arrivent des barrières posées par des policiers qui ont des équipements de cosmonautes, qui posent des barrières, et en très gros, vous êtes enfermés dans cette petite zone de Codogno. Les Italiens ferment l’accès à quinze villages autour de Codogno et Codogno, et vous êtes dans la zone des pestiférés. Et là, on comprend qu’il se passe quelque chose qui nous échappe», souligne le journaliste international franceinfo.

Retour en 2026. Quel pays veut bien laisser accoster le Hondius ? Un cas de conscience pour les pays africains et européens. L’Espagne ne l’exclut pas, mais cette fois, la peur va beaucoup plus vite que le virus. Les Canaries sont envisagés : levée de boucliers au sein de la population. «Ça ne me plaît pas que le bateau arrive ici à Tenerife. Il y a six semaines d’incubation, pas une, pas deux», s’insurge une femme. «Honnêtement, c’est une mauvaise idée, parce qu’ils pourraient contaminer des gens», estime une jeune fille. «Ça ne me ravit pas vraiment, je ne suis pas trop pour. Mais je comprends, il faut bien s’occuper d’eux», relativise une autre femme.

S’occuper des malades, s’occuper aussi de rassurer l’opinion publique internationale. C’est ce que décide de faire l’OMS. Fini les simples communiqués, ils parlent face caméra. «Nous comprenons que cela suscite des inquiétudes, et c’est précisément pour cette raison que nous nous efforçons de répondre aux questions pour replacer dans le contexte. Et je le répète, le risque pour le grand public est faible», déclare le docteur Marie Van Kerkhove, directrice prévention et préparation aux épidémies à l’OMS. «C’est extrêmement difficile parce qu’en fait, il y a deux impératifs. Il y a un impératif de maintenir l’ordre public, c’est-à-dire ne pas créer un vent de panique mondial. Vous imaginez, si l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, se met à dire qu’il y a un vrai risque, même s’ils le pensent, ça crée un désordre tel que c’est contre-productif. Donc, il faut une gestion de crise qui permette de calmer les populations. Et en même temps, il faut informer, dire les choses telles qu’elles sont avec des mots choisis. Le MV Hondius est confronté à un mystérieux virus qui a fait son apparition à bord. Ce bateau de croisière, prévu pour relier Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert, a malheureusement enregistré un premier décès, suivi d’un second. Les autorités ont refusé à plusieurs reprises l’accostage du navire. L’apparition du mot «hantavirus» a ravivé les souvenirs douloureux des débuts de la pandémie de Covid-19, plongeant ainsi une croisière de rêve dans un véritable cauchemar.

À bord du MV Hondius, la situation se détériore rapidement, plongeant les passagers dans l’incertitude et la peur. Malgré les précautions prises, le virus continue de se propager. Les autorités à terre sont réticentes à permettre l’accostage du navire, craignant une éventuelle contamination de la population locale. Les passagers sont pris au piège, confrontés à l’angoisse de l’inconnu et à la menace grandissante de la maladie.

Les passagers du MV Hondius, initialement enthousiastes à l’idée de vivre une aventure unique, se retrouvent désormais plongés dans un cauchemar sans fin. Les décès à bord du navire laissent place à la confusion et à la suspicion. Les passagers se demandent quelle est la nature exacte de ce virus mystérieux qui menace leur santé et leur vie.

Le capitaine du navire tente de rassurer les passagers en affirmant que la situation est sous contrôle et que le virus n’est pas contagieux. Cependant, les événements tragiques qui se succèdent remettent en question cette affirmation. Les passagers se sentent abandonnés, isolés au milieu de l’océan, confrontés à une menace invisible et insaisissable.

Le récit poignant de cette croisière maudite met en lumière la fragilité de l’humanité face aux pandémies et aux maladies infectieuses. Les passagers du MV Hondius, autrefois insouciants et enthousiastes, se retrouvent confrontés à leur propre vulnérabilité et à leur impuissance face à un ennemi invisible et implacable.

La décision des autorités espagnoles d’accueillir le MV Hondius aux Canaries, mais sans autoriser l’accostage des passagers, soulève des questions éthiques et logistiques complexes. La nécessité de protéger la population locale tout en assurant le bien-être des passagers du navire pose un dilemme difficile à résoudre.

Dans l’attente de leur évacuation, les passagers du MV Hondius vivent dans l’incertitude et la peur. Les autorités doivent agir rapidement et efficacement pour garantir la sécurité et la santé de tous les individus impliqués. L’issue de cette crise sanitaire exceptionnelle déterminera en grande partie le futur de cette histoire tragique et soulignera l’importance de tirer les leçons des événements passés pour mieux affronter les défis à venir. Des passagers infectés en série à bord d’un navire de croisière. On ne peut s’empêcher de penser au sort d’un autre navire, six ans plus tôt, au début de la pandémie de Covid.

«Dans nos esprits, le Diamond Princess était un désastre sanitaire. En effet, 3 700 personnes sont restées, pour la plupart, quinze jours confinées à bord du navire. Sur ces 3 700 personnes, 700 ont été infectées», rappelle David Lefort, journaliste en sciences pour franceinfo. «Ce n’est pas le même scénario. C’est, a priori, sept contaminations, en tout cas moins de 10 sur 150. Mais cela nous rappelle ce contexte particulier, ces contaminations, avec cette promiscuité dans les cabines qui avaient propagé le virus de manière significative. On se demande si ce sera le même scénario. Ce n’est pas ce que nous observons», précise-t-il.

Retournons au Hondius. Les analyses sur le couple décédé ont révélé la vérité. Le 3 mai, l’OMS peut officiellement nommer le coupable : «L’OMS est informée et soutient un événement de santé publique impliquant un navire de croisière naviguant dans l’océan Atlantique. À ce jour, un cas d’infection par l’hantavirus a été confirmé en laboratoire. Des enquêtes détaillées sont en cours.» «Hantavirus», un mot que le monde entier va apprendre en quelques heures.

«Il existe de nombreuses souches de virus hantavirus et parmi les quarante existantes, il y en a une qui se transmet entre humains, une fois qu’un humain a été infecté par un rongeur. Et à ce moment-là, le taux de mortalité est extrêmement élevé, autour de 30 à 40 %. C’est ce qui se passe actuellement avec la souche qui a infecté le navire, la souche des Andes, qui se transmet après une morsure, d’homme à homme, avec un taux de létalité de 30 à 40 %. Trois décès sur sept personnes infectées sur le bateau», explique Philippe Amouyal, professeur de santé publique au CHU de Lille. Un virus mortel dans un cas sur trois. Dix fois plus que le Covid.

Le navire est bloqué au large du Cap-Vert. Interdiction d’accoster pour éviter de propager l’antivirus. À bord, la tension monte. Les médecins font des prélèvements. «On n’est pas loin du Cap-Vert. Et le petit bateau à côté, ce sont les médecins. Nous avons été surveillés par des drones. Ici, tout le monde va bien. On sait qu’il y aura une évacuation des personnes malades bientôt. Et on se dirigera probablement vers l’Espagne. Mais pour l’instant, on ne sait pas encore», raconte un passager dans une vidéo.

«Les hantavirus ont été découverts pour la première fois en laboratoire en 1976. C’est assez récent. Il existe 38 hantavirus aujourd’hui. Ils sont tous transmis par des rongeurs, que ce soit des rats, des souris», explique David Lefort. «La question est la possibilité d’une contamination à partir du rongeur. Les rongeurs traversent les mers, donc il y avait peut-être des rongeurs sur ce bateau, première hypothèse. Deuxième hypothèse, une personne est montée à bord dans sa phase d’incubation, contaminée sans le savoir, et a introduit le virus sur le bateau», développe Philippe Amouyal.

Mais l’urgence se situe ailleurs. Retour au 24 avril à Sainte-Hélène. Le jour où le couple néerlandais malheureux, lui mort, elle malade, a été débarqué. Trente autres passagers ont également quitté la croisière. Trente personnes qu’il faut retrouver, avertir, ainsi que leurs éventuels contacts. «Il y a une urgence, c’est de contenir l’infection. Il faut collecter les indices, faire en sorte de ne pas propager le virus plus largement que sur le bateau, retracer le parcours de chacune des personnes infectées, car on a une période d’incubation de une à six semaines. Il faut remonter, pour chacune des personnes infectées, sur ce qu’elle a fait pendant ces six semaines, qui elle a croisé, où elle est allée. Tout cela doit être renseigné, tout cela doit nourrir la démarche. Et on doit protéger toutes ces personnes. C’est le travail important à mener dans les jours à venir pour limiter au maximum cette épidémie qui est en train de naître», analyse David Lefort.

Ruhi Çenet fait partie des passagers ayant quitté le navire ce jour-là. «Moi, j’ai débarqué du Hondius au 24e jour. Mais le Hondius a poursuivi sa route vers sa destination finale. J’aurais aimé que l’équipage prenne plus au sérieux la situation et envisage la possibilité d’une maladie contagieuse dès le premier décès à bord. Mais personne n’a été mis à l’isolement. Tout le monde était ensemble et les activités de groupe ont continué», confie-t-il.

Le 27 avril, un arrêt sur l’île de l’Ascension. Un Britannique a des difficultés respiratoires. Il sera pris en charge à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le test est formel : il est contaminé par l’antivirus. Le doute n’est plus permis, le virus se transmet bien d’homme à homme. Il est beaucoup moins contagieux que le Covid, mais le sentiment de vivre un début de crise comparable persiste. Tout le monde se souvient des journées décisives de l’hiver 2020. Ces semaines où, faute d’avoir évalué correctement le danger, la situation était devenue incontrôlable. Comme en Italie, un week-end de février.

Alors correspondant en Italie, Alban Mikoczy a été témoin du moment où tout a dérapé. «Quand on arrive à Codogno, il y a une atmosphère très étrange parce que tous les commerces sont fermés d’urgence. Il y a des rideaux tirés, les gens qui se mettent à courir. Les gens cherchent des masques et il n’y en a pas du tout en Italie. On croise des gens qui ont des foulards devant le visage, etc», se souvient-il. Un premier cercle est créé pour éviter l’hôpital, avec des barrières posées par des policiers équipés comme des cosmonautes, enfermant les gens dans une petite zone de Codogno. Les Italiens ferment l’accès à quinze villages autour de Codogno, créant une zone de quarantaine. Il devient évident que quelque chose d’inquiétant se passe.

En 2026, le pays qui acceptera d’accueillir le Hondius pose un dilemme moral pour les pays africains et européens. L’Espagne envisage les Canaries, mais la peur se propage plus vite que le virus. La population s’oppose à l’accostage du bateau par crainte de contamination.

L’OMS décide de rassurer le public international en communiquant en face caméra. Ils cherchent à éviter la panique mondiale tout en informant sur la situation réelle. Sur le bateau, un médecin témoigne de l’équipe médicale présente pour surveiller la propagation du virus.

L’Espagne décide d’accueillir le bateau mais avec un protocole strict pour éviter tout contact avec la population locale. Les passagers seront débarqués de manière contrôlée pour les mettre en quarantaine.

La crainte persiste, comme en témoigne une manifestation sur place. Les autorités doivent trouver un équilibre entre la sécurité sanitaire et les impératifs économiques liés au tourisme. La réussite de cette opération sanitaire sera cruciale pour l’avenir.

Le monde entier observe cette évacuation hors norme, se demandant si les leçons du Covid ont été retenues. Les médecins, scientifiques et responsables politiques seront confrontés à de grandes décisions. Can you rephrase that?

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