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Accusé d’avoir mutilé des dizaines de patients et perçu des remboursements frauduleux, un dentiste comparaît devant la justice. Derrière l’image d’un praticien présenté comme un sauveur, 45 victimes décrivent aujourd’hui un véritable calvaire médical et judiciaire.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
45 victimes sont venues témoigner, raconter à la barre leurs souffrances et leur traumatisme. Irréversible pour certains. C’est le cas de Mohamed El Mtalsi, ancien patient du dentiste. Il lui a arraché sept dents saines. Il témoigne : «Il me retirait les dents et juste derrière, il posait des implants. Son assistant paniquait parce qu’il y avait beaucoup de sang. On se rend compte que certains implants ont été posés sur le palais, d’autres sur le côté, donc des implants inexploitables qui me laissent des trous dans la bouche sans pouvoir manger correctement.»
Marie-Annick Chabot, ancienne patiente, elle aussi mutilée, évoque un dentiste autoritaire qui la culpabilisait sans cesse : «Il ne reconnaissait pas mes souffrances. Je suis restée pendant six mois avec une grosse infection. Finalement, j’avais un implant dans le sinus.»
C’est dans le cabinet médical aujourd’hui fermé que les patients ont vécu un calvaire, dans un petit village, au cœur de la Lozère, lorsqu’en 2018, un dentiste portugais est venu s’y installer. Les habitants l’ont accueilli comme un sauveur. Aujourd’hui, ce dentiste va comparaître pour violences ayant entraîné une mutilation, escroquerie et blanchiment.
Ce 6 mai, à son arrivée au palais de justice, l’ancien praticien semble être affaibli, s’appuyant sur une canne, mais toujours déterminé à ne pas reconnaître les faits. «Je ne suis pas l’auteur des escroqueries et des arnaques mais une victime», soutient-il. Selon la justice, le dentiste aurait touché 330 000 euros de remboursements non justifiés et mutilé 45 de ses patients. Dans cette affaire, il encourt jusqu’à 10 ans de prison ferme.
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