Un texte publié lundi précise les mesures d’isolement et de quarantaine à mettre en place pour les passagers du «MV Hondius», rapatriés dimanche, mais aussi les personnes ayant été en contact avec eux ou avec des malades.
Publié
Temps de lecture : 3min
La France se prépare à faire face à l’hantavirus. Au lendemain du rapatriement des passagers français de la croisière où s’est propagé le virus, un décret du Premier ministre Sébastien Lecornu a été publié au Journal officiel, lundi 11 mai. Ce texte de sept articles détaille les mesures d’évaluation médicale et d’isolement à mettre en place pour les personnes ayant séjourné à bord du navire MV Hondius, les personnes ayant été en contact avec elles sur le territoire français et les cas contact des malades. Il remplace un précédent arrêté pris par la ministre de la Santé samedi, et s’applique immédiatement.
«Ce décret nous permet de durcir l’isolement» des passagers et des cas contacts, a expliqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lundi sur France Inter. Une nécessité renforcée par la confirmation, lundi matin, qu’une des Françaises rapatriées dimanche est positive à l’hantavirus, ce qui en fait le premier cas positif en France.
Les passagers du «MV Hondius» placés obligatoirement en quarantaine à l’hôpital dès leur arrivée
Le protocole sanitaire défini par les autorités françaises prévoit des mesures spécifiques pour les cinq passagers français du navire de croisière MV Hondius qui ont été rapatriés en France dimanche, et ce protocole a évolué par rapport à ce qui était annoncé avant leur rapatriement. Ces personnes «sont placées en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique», selon l’article 1 du décret publié lundi. À l’issue de cette évaluation, elles sont soit «maintenues en quarantaine», pour une durée qui n’est pas fixée, soit «placées à l’isolement, pour une durée totale de 42 jours», est-il précisé.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé lundi sur France Inter que les cinq passagers de la croisière étaient aujourd’hui à l’isolement à l’hôpital Bichat à Paris. Parmi eux, une personne a été testée positive à l’hantavirus après avoir déclaré des symptômes dans l’avion la ramenant des Canaries. Son état s’est rapidement «dégradé», selon la ministre. Les quatre autres croisiéristes ont été testés négatifs et seront à nouveau dépistés dans les jours à venir. Ils «sont à l’hôpital jusqu’à nouvel ordre», «au minimum 15 jours», a précisé la ministre.
Les cas contacts placés en quarantaine ou à l’isolement en cas de «risque sérieux d’infection»
En plus de ces cinq personnes présentes sur le MV Hondius, les mesures de prévention s’appliquent également aux «personnes ayant été en contact avec des passagers du MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée», détaille le décret. Ces cas contacts «peuvent faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement lorsqu’il apparaît qu’elles présentent un risque sérieux d’infection», selon l’article 2 du décret.
Les autorités précisent que cette évaluation prend en compte les conditions et les équipements de protection individuelle dans lesquels ces contacts ont eu lieu.
Les passagers de deux vols internationaux placés en quarantaine à domicile
L’article 3 du décret prévoit des mesures spécifiques pour «les personnes de nationalité française ou entrées sur le territoire national ayant été passagères» de deux vols spécifiques datant du 25 avril : le vol numéro 4Z132 reliant le territoire britannique de Sainte-Hélène à Johannesburg, en Afrique du Sud, et le vol numéro KL592 reliant Johannesburg à Amsterdam, aux Pays-Bas. Ces personnes doivent se signaler «sans délai aux autorités sanitaires», selon le décret, et observer «une mesure de quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection», dans un délai de trois jours.
Cela concerne au total vingt-deux personnes en France, selon la ministre de la Santé : huit dans l’avion entre Sainte-Hélène et Johannesburg, et quatorze dans le Johannesburg-Amsterdam. «Tous ces gens ont eu l’information de se mettre à l’auto-isolement», a précisé Stéphanie Rist lundi.
De lourdes sanctions prévues en cas de non-respects de ces mesures
Le contrôle des mesures de quarantaine et d’isolement est effectué par «le préfet du département dans lequel elles sont exécutées», prévoit l’article 4 du décret. Si celles-ci peuvent faire l’objet de recours, leur non-respect est sévèrement réprimé. «Le fait de ne pas respecter les mesures prescrites par l’autorité requérante (…) est puni de six mois d’emprisonnement et de 10 000 euros d’amende», prévoit ainsi l’article L. 3136-1 du code de la santé publique, cité par le décret.















Deja una respuesta